Aujourd’hui, je vais essayer de me livrer un petit exercice.

Ca fait depuis longtemps déjà que je fais un complexe à propos de la profondeur de mes textes. J’ai toujours eu l’impression de n’avoir rien à dire, pas de message à transmettre à mes lecteurs dans mon roman. Quand je lis un livre ou que je regarde un film qui me fait réfléchir, je n’arrête pas de me dire « pourquoi je n’en suis pas capable moi? je ne suis vraiment bonne à rien… » Alors, ben, pour se guérir de cette impression, je réfléchis de plus en plus souvent à ce que j’ai envie de faire passer, et à ce que je fais déjà passer à travers l’histoire que j’ai déjà imaginé. Et, au final, il y a quand même quelques thèmes qui me tiennent à cour. Je vais essayer de faire un listing de ce qui est déjà présent dans mon histoire et de ce que j’ai envie d’y mettre.

– Tout d’abord, et parce que c’est là-dessus que j’ai essentiellement écrit ces derniers temps, je dirai le sentiment d’appartenance ou de non appartenance à un clan, à une famille, à une patrie. Mon roman démarre là-dessus, et sur la difficulté de se sentir chez soi quelque part lorsqu’on est « métis ». Peut-être que ce thème vient du fait que je suis à moitié bretonne et à moitié hollandaise, je ne sais pas. En tout cas, je vais essayer de le filer tout au long du roman. Mais je ne sais pas encore vraiment où il me mènera.

– Ensuite, il y a l’imagination, mais je ne peux pas trop m’étendre là-dessus car c’est le thème quasiment le plus important dans mon univers, et qu’en dire trop là-dessus risquerait de dévoiler certaines intrigues. Disons que je considère l’imagination comme un pouvoir, ce qui fait l’essence même des humains.

– Et bien voilà, j’ai trouvé deux thèmes et je suis déjà à court d’idées. Ah si, dans le roman que je suis en train d’écrire, il y a le thème de la guerre, ou plutôt de l’après-guerre, ou comment personne ne peut s’en sortir indemne. Ça, je ne sais pas d’où ça me vient, mais c’est ce qui m’a poussé à placer mon roman à une époque bien particulière dans mon univers, et c’est quelque chose que j’avais vraiment envie de traiter. Tout ce qui peut rester dans le cœur des gens après une guerre, la souffrance, la culpabilité, la faiblesse, la négation… Évidemment, c’est une guerre imaginaire, ce qui me permet de laisser libre cours à mon imagination pour créer tous les rebondissements, les trahisons, les victoires et les défaites. Je me serai mal vue écrire quelque chose sur l’une des deux guerres mondiales. Peut-être plus tard, quand je serai une écrivaine aguerrie et qu’aborder des sujets d’Histoire ne me fera plus peur…

– Dans un genre plus anodin, l’eau. Ça peut paraître curieux, mais j’adore l’eau. Quand j’étais étudiante à Lille, je sortais exprès parfois sous les averses particulièrement grosses pour sentir l’eau couler sur mon visage. J’ai toujours cru que l’eau était un vecteur de magie. Bon, maintenant, je ne vais pas dire de quelle façon je l’utilise dans mon roman… 😉

– Le Destin, et en même temps c’est un thème qui me pose énormément problème. Le fait est qu’il est présent, et dominant, dans mon univers. Seulement voilà, je ne sais pas du tout comment le traiter. Mes personnages doivent-ils croire en lui, ou au contraire le défier? Il y a encore un grand flou à ce sujet. En même temps, je crois qu’il se résoudra de lui-même au fur et à mesure que j’avancerai dans mes romans.

– La religion, et pareil, c’est un thème casse-gueule pour moi. Cela reflète peut-être ma grande incertitude à ce sujet, je ne sais pas… En tout cas, je n’ai pas encore trouvé le parti que j’allais prendre à ce sujet, et j’hésite même encore à l’introduire. Pourtant, certains de mes personnages sont croyants… Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas d’histoires d’anges, de démons, de paradis ou d’enfer. Dans la mesure où je n’y crois pas, je n’en parle pas. Ben oui, pour que j’aborde un thème, il faut qu’une partie de moi y croie un peu. C’est le cas en ce qui concerne les fées, les lutins, la magie, les mondes parallèles et le Royaume Caché. Comment ça, je suis bizarre ?

– L’Amûûûûûûr ! Bon, dit comme ça, ça fait très gnan-gan… mais je suis très fleur bleue, moi au fond ! J’aime les belles histoires d’amour, et j’ai envie qu’il y en ait dans mes histoires. J’aime penser que l’amour est une forme de magie qui peut parfois arranger les choses, dénouer les intrigues. Il peut aussi en provoquer, mais là, ce sera pour un prochain roman !

– … Nan, franchement, ça devient de plus en plus dur. Et ce que j’ai énoncé au-dessus est somme toute assez bateau… Bon, j’aimerais aussi que mon roman soit assez léger, qu’il y ait de l’humour, mais je ne sais pas si je vais y arriver. Je sais, ça peut paraître surprenant dans la mesure où je suis assez douée pour écrire des textes humoristiques, mais j’ai du mal à mêler la gravité à la légèreté. Mais je vais essayer…

– Au niveau de personnage, par contre, je n’ai pas vraiment de fixation. En fait, j’ai l’impression qu’ils se ressemblent tous et ça m’énerve. Je n’arrive pas à créer des archétypes. Dans les histoires, ce sont souvent les archétypes (attention, pas les stéréotypes, hein !) qui fonctionnent le mieux. Le vieux sage, la méchante sorcière, le petit compagnon rigolo… il faut savoir se les approprier pour pouvoir les malmener ensuite. Malheureusement, tous mes personnages sont issus du même moule… Ça va faire partie des choses sur lesquelles il va falloir que je travaille dur.

– L’utopie communautaire ! Je ne sais pas pourquoi je n’avais pas vu celui-là avant alors que c’est le plus flagrant de mes thèmes. Tout le Royaume Caché découle de là : peut-on vivre en communauté et en harmonie ? Peut-on rêver à un endroit qui serait comme un petit paradis ? Ma réponse est oui, sans équivoque, même s’il y a beaucoup de parts sombres et de parasites dans ce paradis. Mais le Royaume Caché, c’est mon jardin secret, là où je vais me réfugier depuis que je suis toute petite. Mon plus grand désir serait d’y accéder un jour, pour de vrai. C’est mon idéal. Il faut donc forcément que dans ce petit monde, tout finisse bien…

Bon, je vais m’arrêter là pour l’instant. Il y a d’autres thèmes, sûrement. En tout cas, il y en aura forcément d’autre au fur et à mesure que je mûrirai. En même temps, tout ça me paraît encore très superficiel, pas assez creusé. Mais, bah, j’ai le temps de creuser tout ça…


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