Road trip en Écosse

Jour 1

Départ du Havre par un bus flixbus qui nous amènera directement à l’aéroport Charles de Gaulles. Après le stress et les galères d’avant voyage, tout semble enfin bien se dérouler (pour l’anecdote, à cause de problèmes de carte d’identité résolus in extremis, on est passé par lastminute – ne jamais, plus jamais refaire cette erreur. Non seulement on n’a pas payé moins cher qu’en passant par une vraie agence, mais en plus ils ne nous ont jamais tenu informés de l’avancée du dossier jusqu’à la veille – la veille !).

On arrive à l’heure à l’aéroport, et on a la surprise de pouvoir passer en prioritaire à l’enregistrement et à l’embarquement (vive l’option easy boarding chez easy jet !). Déjeuner sur le pouce dans l’aéroport, puis le temps passe malgré tout très vite dans les diverses files d’attente (pour passer les portiques, puis la douane). Mais on entre dans les premiers dans l’avion, est ça, c’est très appréciable, avec cette petite impression d’être un VIP…

Après un vol sans histoire, atterrissage à Edimbourg. Là, on sort aussi dans les premiers mais on attend une plombe l’arrivée des bagages de soute. Enfin, il est temps de sortir de l’aéroport et prendre notre véhicule de location. Nous sommes accueillis sur la terre écossaise par une belle grosse averse qui nous trempe bien. Pas de doute, on est en Écosse ! Richard s’accommode assez bien de la voiture anglaise (après un moment de flottement où on se dirige chacun vers le mauvais côté de la voiture), et on expérimente la conduite à gauche.

Après une seule petite frayeur (un trottoir frôlé de près) on arrive sans dommage à notre premier hôtel.

La chambre est grande, avec un lit kingsize et une belle salle de bain avec baignoire. On va manger sur place, au steak house de l’hôtel. Une « shepherd’s pie » (une sorte de hachis parmentier) pour moi et une pièce de steak pour Richard.

De retour dans la chambre, nouvelle surprise écossaise : l’alarme incendie se déclenche, et nous fait ressortir de l’hôtel, avec tout le monde. Heureusement que j’ai pensé à prendre les vestes au passage, parce que le temps est frisquet ! Richard en profite pour prendre une petite photo du château extérieur. L’attente n’est pas longue et on retourne dans la chambre… et Richard ressort quelques minutes plus tard pour régler la note du restaurant, qui n’a pas pu être mise sur le compte de la chambre.

Les clients attendent la fin de l’alerte incendie… le temps d’admirer l’extérieur de notre hôtel !

Bref, après tous ces aller-et-retours, on peut enfin se détendre sur le lit kingsize ! Ouf !

Jour 2 : Edimbourg

Levé 8h. Après un petit déj écossais bien costaud (bacon, saucisses, baked beans, œufs et tout le toutim), nous partons à la découverte d’Édimbourg. Pour éviter la ville en voiture, on se gare à un P+R du côté de l’aéroport et on prend le tram qui nous amène en centre ville. On descend un arrêt trop tôt par rapport au château, mais ça nous permet de traverser un premier cimetière bien lugubre, avec ses crânes gravés dans la pierre, ses maisons mortuaires, ses pierres tombales de guingois…

Combo vieux + de guingois + têtes de mort

Puis on gravit le rocher pour arriver vers l’entrée du château. Là, première déconvenue : il y a foule ! C’est pire que la tour Eiffel, la rue est blindée de touristes et la queue pour entrer dans l’enceinte du château est interminable ! On fait demi-tour pour entrer dans une première boutique qui vend… un peu de tout, dont de très beaux costumes traditionnels pour hommes. Mais bon, on se refuse d’agir comme le premier touriste venu et on n’achète rien. Après quelques pas (en slalomant entre les touristes) sur le Royal Mile (l’artère principale qui depuis le château court sur l’arrête de la montagne), on entre dans le Scotch Whisky Expérience pour notre première excursion.

Le Royal Mile… envahi par les touristes

On y découvre les secrets de la fabrication du whisky, les différentes sortes de whisky écossais, puis on a le droit à une dégustation. Enfin, en sortant de la visite, on décide de faire une petite pause pour goûter d’autres whisky. Ça tombe bien, il est midi, l’heure de l’apéro ! J’achète un petit paquet de chips goût je ne sais trop quoi (des chips anglaises, quoi) en accompagnement.

En sortant, on décide de retenter le château. Finalement, après avoir attendu un peu dans la file (plus courte que tout à l’heure), on se rend compte qu’avec notre bon de réservation « héritage pass » (qui nous donne droit d’entrée dans plein de monuments écossais), nous pouvons couper la file ! Ni une ni deux, nous voilà dans le château… qui se révèle tout aussi blindé de touristes que l’extérieur. On visite quand même la prison de guerre, une ou deux autres tours et caves moins peuplées, mais on évite soigneusement les joyaux de la couronne écossaise, au vu de la file d’attente pour y accéder. On mange à l’intérieur, un hamburger pas vraiment savoureux, avant de sortir très vite de cet enfer à touristes.

Le long de la Royal Miles, outre le monde, on est étonné de voir de nombreuses personnes, habillées parfois de façon très loufoques, qui démarchent les passants avec des prospectus. Ce n’est que plus tard qu’on comprend que le Fringe Festival, le festival des arts de la rue d’Edimbourg, commence aujourd’hui ! Dommage, on serait resté un jour de plus, on aurait pu en profiter… Je récupère quand même un ou deux prospectus, pour le souvenir.

On s’échappe de la foule pour descendre dans la Old Town, toute en venelles et vieilles maisons, jusqu’à un cimetière réputé hanté, le Greyfriar Courtyard. Une pluie persistante commence à tomber. On remonte vers Royal Mile pour faire quelques boutiques, histoire de se protéger un peu de la pluie. Enfin, il est l’heure de rejoindre notre prochaine excursion, le « City of Dead tour », décrit comme l’un des plus effrayant dans le Lonely Planet. Le guide, un sosie d’Ewan McGregor (avec l’accent qui va bien et qui roule les r) nous amène dans l’Edimbourg underground, la ville sous la ville, où il nous raconte toutes sortes d’histoires, vraies ou un peu extrapolées, sur les sordides bas-fonds d’Edimbourg. Les lieux sont en soi très remarquables : nous sommes en fait sous les arcades des ponts construits pour relier l’arrête rocheuse sur laquelle est perchée le château du reste de la ville, et qui ont été complètement recouverts à nouveau par la ville au fil du temps, ce qui fait qu’on a l’impression d’être maintenant sous terre.

Je vous présente Jerry avec un J, originaire de Glasgow… Comment ça, la ressemblance avec Ewan McGregor n’est pas flagrante ?

Après ça, la fatigue a raison de nous, on remonte et traverse Royal Mile pour descendre de l’autre côté, vers la ville « nouvelle » (construite au début du XIXe siècle). Après un détour par une boutique Harry Potter, on s’arrête dans un pub pour déguster une pinte de bière. On s’y attarde suffisamment pour décider d’y manger un fish’n ships, vers 18h. On commence à se mettre à l’heure anglaise !

Après y avoir traîné pendant presque deux heures, on file vers la ville nouvelle, et on y découvre un monument immense, qui se trouve être à la gloire de Sir Walter Scott. Le monument est presque une mini église ! Soit ce gars a donné beaucoup d’argent avant sa mort, soit il était très, très aimé de ses compatriotes… en tout cas, ça fait un peu mégalo, quand même !

Quand est-ce que Marc Levy se fait construire la même à côté de Notre-Dame ?

Enfin, on fait une dernière excursion, comprise dans notre voyage : le « Ghost Bus Tour », cette fois-ci la mise en scène est bien plus kitch, destinée à plaire aussi bien aux enfants qu’aux adultes. On monte dans un bus aux allures de corbillard, et un croque-mort nous emmène dans les différents lieux réputés hantés de la ville. On fait une petite halte au cimetière où on a flâné le matin (qui est aussi réputé hanté, apparemment), puis on va jusqu’au Hollyrood Palace et on longe les collines qui sont magnifiques en cette fin de journée. La visite est reposante (oui, le côté effrayant est plus marrant qu’autre chose) et termine bien la journée.

Le Ghost Bus tour, ou le summum du kitch…

Il est 20h30 quand on en sort, on est crevé et on a le ventre encore plein : il est temps de rentrer ! Avec le tram, puis la voiture, il est presque 22h quand on arrive à l’hôtel.

En tout cas, malgré la foule, Edimbourg correspond parfaitement à l’image que je m’en faisais : une ville sombre, escarpée, hantée… et très romantique !

Jour 3 – vers la région d’Aberdeen

On part le matin sous la pluie, mais le temps se dégage en court de route. Premier arrêt : Perth, une jolie petite ville en bord de rivière. On emprunte une voie qui longe un vieux pont ferroviaire (c’est le pont qui est vieux, les rails, eux, sont toujours en fonction), pour rejoindre l’autre rive. Petite balade sous le soleil jusqu’à un vieux cimetière où quelques vieilles tombes remarquables sont (en toute logique) remarquées. On revient ensuite vers la ville par un autre pont et on s’arrête dans un pub pour boire un café. Retour vers la voiture, puisqu’on n’a payé qu’une heure de parcmètre.

Oh ! Notre premier animal sauvage d’Écosse !

On roule ensuite sur des petites routes vers les pierres pictes d’Aberlemno. Les pierres sont visibles depuis le bord de route, on s’arrête au parking adéquat et longe la route pour les admirer. Sur certaines, les motifs sont encore bien visibles, sur d’autres ils sont complètement effacés. Les pictes sont les premiers habitants de l’Écosse, et la raison de ces pierres gravées est encore mystérieuse. Même sous le soleil, ça a un petit côté magique !

Retour à la voiture après avoir fait une boucle pédestre dans le village et dans les champs. Pour le moment, le beau temps se maintient. On décide de monter jusqu’au village de Brechin pour y quêter un pub où manger. Quand on arrive, on comprend mal l’autorisation de stationnement, du coup on demande ce qu’il en est à un gentil policeman en casquette, qui non seulement nous explique avec beaucoup d’amabilité les zones autorisées pour les longs stationnements, mais nous conseille aussi un pub un peu plus loin, le Stable, dans lequel sa femme travaille (et qui est aussi l’un des meilleurs de la ville, mais promis, il ne dit pas ça parce que sa femme y travaille…).

On se gare, et on s’y rend vaillamment (il nous a un peu perdu avec ses explications en anglais, mais on finit par trouver). Le pub est chaleureux. Je prends une pinte de blonde et Richard un cider, pour accompagner des scampis pour lui et un curry de poulet pour moi. Au moment de payer, je m’embrouille tellement avec les petites pièces anglaises que le serveur a pitié de moi et empoche le tout alors qu’il manque clairement quelques pièces de plus.

Lorsqu’on ressort, la pluie a refait son apparition. Elle est fine, mais persistante. On retourne à la voiture et on file vers Edzell, pour y faire une promenade conseillée dans le Lonely Planet.

Là-bas, on enfile les chaussures de rando et les vestes de pluie. Le temps est toujours à la bruine un peu pénible mais supportable. En revanche, la promenade est magnifique. Elle longe une rivière profonde, creusée dans une gorge. On descend parfois sur la berge pour admirer les rocailles. Enfin, on arrive au « Rocher de la Solitude », un lieu impressionnant où la rivière s’engouffre dans les rochers. Au-dessus, un vieux pont désossé (et impraticable) enjambe la rivière. Ensuite, on continue un peu le long de la rivière qui s’est agrandie et assagie. Le soleil est revenu, et il fait même chaud ! À bas les vestes de pluie, vive le t-shirt… Finalement, on rebrousse chemin pour retourner à la voiture. On s’arrête un moment le long de la rivière pour boire un coup, et j’en profite pour tâter l’eau de la rivière (Richard l’a fait avant moi, sur les rochers).

Oh, du soleil !

On retourne par l’intérieur de la forêt, mais le temps se couvre encore et à 5 mn de l’arrivée, on est pris dans une grosse averse qui nous prend par surprise. Le temps de rentrer dans la voiture, on est trempés jusqu’aux os !

Vu l’heure, on décide d’aller enfin à notre hôtel, mais les routes sont très humides et la conduite est difficile. En plus le GPS nous induit en erreur et on se retrouve coincés dans les bouchons d’Aberdeen alors qu’on aurait dû éviter la ville !

Finalement, on arrive à l’hôtel à 18h passé. Celui-ci se trouve tout au bout d’un chemin bordé d’arbres centenaires : c’est un vrai château écossais ! Après avoir pris possession de la chambre, on redescend pour se balader dans les jardins du château. On chemine jusqu’à un jardin clos, romantique à souhait.

Suivez le petit chaperon rouge…

Petit passage pour faire une razzia sur les framboises et les cassis, et on remonte doucement pour prendre notre douche, avant d’aller manger au restaurant de l’hôtel. Malgré une petite difficulté pour nous placer (on poireaute quelques temps devant l’entrée avant d’être enfin remarqués par les serveuses), le dîner est le summum du chic, et on fait un peu tache au milieu des autres clients à essayer de deviner les nom des classiques pop-rock joués au piano tout chantant les refrains entre deux éclats de rire (I’m still loviiiiing yoouuuuuuuouuuuuouuuuu !).

Jour 4 – la Spayside way et Inverness

Départ de l’hôtel avec une surprise : on pensait payer super cher le resto de la veille plutôt chic, mais il est compris dans le prix ! On s’en tire avec juste le prix de la bouteille, un blanc sud-africain pas mauvais du tout.

Bref, après ça, on part sous une pluie fine, encore, pour la région de Spayside, le long de la Spay. On s’arrête à Hintley pour acheter de quoi pique-niquer. On hésite à aller visiter le château, mais finalement, on se dit qu’on va aller directement aux distilleries, les principales attractions de la journée !

Premier arrêt à la distillerie d’Aberlour, mais malheureusement la visite de celle-ci est déjà complète pour la journée (et les jours à venir). Du coup, on continue notre route jusqu’à la distillerie de Glenfarclas. Là, bonne nouvelle, il y a une visite à midi, mais par contre la distillerie est en arrêt actuellement, nous ne verrons donc pas la « machinerie » en fonction. Malgré tout, la visite est instructive et plutôt sympa. La cuve pour le brassage est la plus grande d’Écosse, et les alambics en cuivre sont eux aussi immenses, majestueux. On termine la visite par une dégustation, et notre choix se porte sur le 10 ans d’âge, dont on achète une bouteille. Il est fruité et doux, vraiment très bon.

Le panneau de contrôle de je-sais-plus-quoi… on se croirait dans un vieux film de SF !

Après ça, retour sur la commune d’Aberlour pour faire une petite promenade le long de la Spay, sur la fameuse « Spayside way », le chemin de randonnée aussi appelé « route du whisky ». La pluie s’est arrêtée, et même si on n’a vu le soleil qu’un bref instant, le temps se maintient à peu près. Après un aller-retour sur un petit pont piéton très joli, on pique-nique au bord de la Spay, de cheddar, jambon et chips aux oignons. Un pêcheur se déplace dans la rivière, non loin. Soudain, je vois un gros truc sortir de l’eau et y rentrer avec un retentissant « splash ». Un saumon ! Il semble énorme, vu de loin. On devient plus attentifs, et on en voit bientôt un autre, puis un autre… Et ça s’arrête soudain. Le pêcheur a eu moins de chance, il n’a toujours rien pris quand on part.

Courage, courage…

Puis, on suit un sentier de pêcheurs le long de la Spay, jusqu’à rejoindre le grand chemin de randonnée, pendant une demi-heure, puis retour à la voiture, après avoir fait coucou aux moutons.

On décide de s’éloigner de Spayside pour aller voir le château de Cawdor. Pour ça, il faut traverser les highlands par des petites routes : le trajet est long et laborieux, même si les paysages sont grandioses. Mais quand on stresse en voiture, difficile d’admirer les paysages…

Finalement, on arrive au château pour s’apercevoir qu’il est invisible depuis le parking, qu’il faut payer 11 livres pour le voir, et que c’est presque l’heure de la fermeture. Bref, on remonte en voiture, déçus. Surtout que je vois sur le petit carnet du « heritage pass » (dans lequel ce château ne figure pas) que le château d’Hintley était dedans, et qu’il avait l’air très joli (on a fait l’impasse notamment parce que le Lonely Planet n’en faisait aucune mention). Grosse déception !

On rejoint des routes plus larges pour Inverness, mais au sein de la ville la circulation est encore très stressante. Finalement, on arrive à l’hôtel, un vieux bâtiment aux allures de manoir, en bord de rivière. Après avoir pris la chambre, il faut encore se garer : on ne comprend rien au système de parcmètres, et on se plante dans les horaires. Tant pis, on verra bien si on se prend une prune…

Vue sur notre hôtel, au bord de l’eau…

Après ça, visite de la ville sous le crachin. On marche jusqu’au château, récent mais joli, puis on redescend jusqu’à un pub où je propose qu’on s’arrête. Là encore, la malchance nous poursuit, je patiente une plombe pour les bières parce que le fût de celle que je veux prendre déconne. Enfin, on peut quand même se poser un peu et méditer sur nos mésaventures, avec deux pintes de Red Skye.

Après avoir déterminé notre itinéraire du lendemain, on retourne à l’hôtel pour une douche (là encore, ça va mal : il y a un problème de pression et l’eau s’arrête régulièrement), avant de redescendre manger. Le restaurant qu’on visait étant complet, on se rabat sur la brasserie de l’hôtel. Deux whiskys en apéro (Dalwhinie pour moi et Dunmore pour Richard), puis un saumon pour moi, et du mouton sauce à la menthe pour Richard. Comme le service est bizarre et qu’on semble invisibles pour les barmaids, on s’en va sans prendre de dessert.

Retour à la chambre, où on déguste un petit blanc italien déposé en cadeau dans notre chambre, en espérant que la journée de demain sera plus paisible !

Jour 5 – le Loch Ness et le Glen Affric

Premier stress de la matinée : Richard ne retrouve pas l’enveloppe contenant son argent liquide et pense l’avoir oubliée dans le précédent hôtel. Pas le temps de chercher de fond en comble, la voiture doit être bougée avant qu’un flic ne l’aligne. On part donc vers le château d’Urquhart, au bord du Loch Ness, avec un fond de mauvaise humeur.

Finalement, on arrête d’y penser (d’autant que je me souviens soudain avoir inspecté la chambre précédente avant de partir). Arrivés au début du Loch Ness, on s’arrête sur un parking pour prendre quelques photos, comme la plupart des touristes. Les eaux sont calmes, et le temps est nuageux, mais pas pluvieux. On profite de notre héritage pass pour couper la file (on a pris le pli) et on entre dans les ruines du château alors qu’il n’y a que quelques visiteurs sur les lieux. On avait froid en sortant de la voiture, mais il fait rapidement très chaud dans les ruines ensoleillées. En Écosse, il faut savoir prévoir toutes les tenues à proximité de soi, parce que la température peu vite changer !

Urquhart, ce château au nom imprononçable…

On contemple les eaux du Loch Ness, espérant apercevoir Nessie, mais bon, comment dire ? Avec le beau temps et les touristes, c’est pas gagné… On trempe quand même les doigts dans les eaux du Loch Ness.

Youhou, Nessie… petit petit petit !

La matinée passe, et le château se remplit de touristes. Après avoir visité tous les recoins, on s’arrête à la terrasse de la boutique pour savourer un café. Puis, départ en direction du Glen Affric, réputé comme étant le « plus beau glen d’Écosse » (glen veut dire vallée en gaélique).

En chemin, on trouve in extrémis une petite route qui nous mène jusqu’à un très beau cairn préhistorique, très bien conservé, perdu au milieu de la campagne. Puis on arrive au village de Cannich, direction le parking des Dogs Falls où j’ai repéré une balade d’une heure dans le Lonely Planet. On espère aussi pique-niquer sur place…

Mais une fois sur place, on déchante. Le seul parking disponible est complet ! Et pas moyen de se garer en vrac au bord de la route, elle est bien trop étroite… On décide donc de continuer de rouler le long de la rivière, jusqu’au Loch Affric où il y a d’autres départs de randonnée.

La route est vraiment, vraiment étroite, avec des zones de croisement où le conducteur doit s’arrêter quand quelqu’un vient en face. On arrive à un barrage, avec un parking sur lequel on s’arrête 5 mn pour admirer la vue du bout du premier Loch, le Loch Beinn A’Meidhain. Puis on redémarre, pour trouver un autre parking un peu plus loin, au bord du Loch, avec des tables de pique-nique disposées le long de l’eau. Ni une ni deux, on s’y arrête pour manger !

Un vent glacial s’est levé, mais avec une bonne laine c’est plutôt agréable. Après le déjeuner, la lecture des panneaux explicatifs nous indique un départ de promenade, un peu plus loin, qui n’est marquée sur aucun plan. Celle-ci longe la rivière Allt na h-Imrich et, d’après le panneau, offre de beaux points de vue sur le Loch. Ce sera dont notre promenade du jour !

Merci le panneau pour la suggestion !

Comme il n’y a aucune indication (à part les vagues instructions sur le panneau d’affichage), on y va un peu au jugé, mais après une petite marche au bord de la route et une barrière franchi, on grimpe sur un beau chemin de randonnée. On longe effectivement la rivière qui dégringole de la montagne, en contrebas, et après avoir laissé la forêt derrière nous, on arrive sur la lande couverte de bruyère fleurie. C’est magnifique ! Il fait maintenant chaud, avec des petites plages de soleil qui illuminent la lande et les paysages avoisinants. Au loin, on devine des sommets très hauts, et derrière nous s’étend le Loch. Enfin, on se sent dans les Highlands, comme de vrais Highlanders !

Voilà. Ça, c’est l’Écosse !

On chemine comme ça un certain temps, sur un chemin qui est régulièrement traversé par les cours d’eau venus des hauteurs désolées. On rejoint petit à petit la rivière, mais au loin de gros nuages noirs s’amassent. En plus, ça fait déjà un certain temps qu’on randonne. Il va peut-être falloir songer à faire demi-tour… Finalement, on arrive jusqu’à un large val au creux duquel la rivière serpente, paisible. Le chemin semble s’éparpiller là, dans les hautes herbes. Une pluie fine et glaçante commence à tomber. On fait donc demi-tour…

La descente est plus rapide, et il est encore assez tôt quand on arrive en bas. On décide de pousser la voiture jusqu’à l’embouchure du fameux Loch Affric et son aire de pique-nique qu’on n’a toujours pas vu. Il n’y a pas beaucoup de monde là-bas, on s’arrête et on tente la petite promenade d’un mile qui court dans la lande qui borde la rivière Affric. Là, on s’éloigne du chemin classique pour longer le cours d’eau : ça devient périlleux, le minuscule sentier borde un ravin de plusieurs mètres qui plonge dans les eaux tumultueuses, et Richard manque de tomber dedans et de finir au fond du gouffre…

Trente secondes avant la chute fatale…

Après une grosse frayeur, on rejoint le sentier principal, bien plus praticable. Malgré tout, la balade est agréable, différente de celle qu’on a faite dans les hauteurs, et à cette heure il n’y a personne. On retourne à la voiture, cette fois-ci pour rentrer à Inverness.

Le soir, on veut sortir se trouver un petit restaurant, mais c’est samedi soir, et les rues sont foisonnantes. Après avoir fait chou blanc dans les trois/quatre premiers restaurants qu’on voulait faire, on se rabat finalement sur un « restaurant méditerranéen » (aux influences grecques et libanaises). La nourriture est bonne (on se prend un mix grill pour deux), mais on est cernés par des Français ! On finit la soirée dans un pub de quartier, à deux pas de l’hôtel, où sont retransmis les championnats du monde d’athlétisme.

(Au fait : on a finalement retrouvé l’enveloppe, au fond de la valise…)

Jour 6 : À l’assaut du Ben Nevis

On remballe assez vite nos affaires pour partir en direction de Fort William, par la route qui longe le Loch Ness. Malgré la proposition de Richard, je ne me sens pas de conduire… même si lui en a un peu marre. Au bout d’une heure et demi de trajet (sur lequel on a guetté un café ou un pub où s’arrêter pour boire un café, en vain), on arrive sur le parking visiteur à l’entrée du Glen Nevis, là où commencent les balades pour gravir le fameux Ben Nevis, plus haute montagne de Grande-Bretagne (1345m) et lieu de tournage de Braveheart et Harry Potter. Après une pause pipi, on va demander à l’accueil des conseils de promenades plus « lights » que le Ben Nevis (qui demande 6 à 7h de marche et une très bonne condition physique).

La dame nous conseille un sentier en bord de rivière, qui monte ensuite pour rejoindre le début du chemin officiel d’ascension du Ben Nevis, par lequel on peut redescendre pour manger ensuite dans le Ben Nevis Inn, au départ des randonnées. On s’équipe donc assez légèrement pour faire cette balade, d’une grosse heure tout au plus : une petite bouteille d’eau, un mini paquet de chips et quelques bonbons suffiront…

Nous voilà donc partis… mais arrivés en bas du sentier qui commence à grimper, on voit un panneau qui indique assez précisément les points les plus importants de l’ascension. On se sent encore très en forme et notre promenade n’est vraiment pas très longue ni très dure (surtout qu’on a un bon rythme, sur terrain plat). On se met d’accord : au lieu de tourner à gauche pour rejoindre l’auberge (il sera tout juste midi quand on y arrivera, et c’est un peu tôt pour manger), on décide de prendre à droite et de commencer un bout de l’ascension, quitte à faire demi-tour quand on ne le sent plus.

Ben ça va, c’est faisable, cette ascension…

Ceci dit, le chemin qui rejoint ce fameux croisement grimpe déjà très fort, et arrivés en haut, on n’est déjà plus si frais. Mais ce n’était qu’un tout petit bout, et on ne se sent pas de redescendre tout de suite… alors, on fait comme on a dit, et on continue l’ascension… sur un chemin de randonnée de plus en plus ardu, couvert de rocailles difficiles à gravir.

On grimpe, on grimpe, s’arrêtant régulièrement pour boire un peu d’eau (on doit se rationner, notre bouteille est vraiment petite pour deux) et manger quelques bonbons. Il y a beaucoup de monde autour de nous, le chemin est extrêmement fréquenté. À cette heure, la plupart grimpe, mais il y a aussi quelques personnes qui redescendent.

Finalement, de virage en virage, de « allez on continue » à « j’ai envie de voir ce qu’il y a derrière cette montée », on finit par arriver en haut de la première grosse montée, au niveau d’un petit lac de montagne, paisible.

Allez, on monte jusque là, et on redescend…

Le paysage est magnifique, on peut voir un Loch en contrebas et les montagnes, majestueuses, autour de nous. Par contre, la météo est fantasque : un coup, le soleil tape et nous fait transpirer à grosses gouttes, et l’instant d’après, une bruine glaciale nous gèle sur place (parfois les deux en même temps), sans parler des rafales de vent, glacial lui aussi. Bref, un coup je suis en t-shirt, l’instant d’après en veste de pluie boutonnée jusqu’au menton…

Le chemin est ardu pour arriver jusqu’au lac, et on fait une petite pause, mais notre volonté n’est pas érodée. On visualise une cascade encore un peu plus haut : et si on y allait avant de faire demi-tour ? Nos provisions s’amenuisent et la faim commence à se faire sentir, mais bon, on est des aventuriers…

On continue donc, cette fois-ci avec pour seul objectif d’atteindre ce point et de faire demi-tour. Même si on voit très bien le chemin de randonnée, plus haut, qui gravit les pentes du Ben Nevis, avec ses files de marcheurs qui progressent dessus, on n’a malheureusement pas les provisions pour continuer, et la fatigue commence à se faire vraiment sentir.

Finalement, ce dernier petit bout se fait assez rapidement, et on savoure notre victoire sur un rocher à côté de la rivière. Au moment où on se résigne à ouvrir notre mini paquet de chips, notre seul espoir contre la faim, je découvre miraculeusement un gros reste de cheddar que j’ai oublié d’enlever du fond du sac. Alleluïa ! Cette manne miraculeuse contribue bien mieux à caler notre faim et nous donne toute l’énergie nécessaire pour affronter la redescente, qui ne va pas être plus facile… Malheureusement, le rationnement en eau est, lui, de plus en plus sévère.

Cette photo est perturbante. Mais c’est bien le chemin pour redescendre qu’on voit en contrebas.

On redescend donc courageusement. On ne progresse pas beaucoup plus rapidement qu’à l’aller, parce qu’entre les ruissellements d’eau et les rochers abrupts, il faut faire très attention où poser le pied. La descente est presque plus longue et fatigante que la montée. Autour de nous, de plus en plus de monde descend aussi, et on rencontre un peu moins de grimpeurs. La journée s’avance…

On arrive enfin à l’auberge un peu après 14h30, après être partis un peu avant 11h, pour une balade qui devait durer initialement une heure… On est épuisés, et incapables de faire quoi que ce soit. On s’installe sur une table et commande difficilement (encore une fois, personne n’est venu nous apporter les menus et on patiente des plombes avant d’enfin oser se manifester) deux cidres pression, puis deux en-cas assez consistants pour nous revigorer un peu. Dehors, la pluie a forci et les nuages recouvrent presque entièrement les montagnes. On se sent mieux à l’intérieur !

Voilà, du visitor center, on est allé jusqu’au point C, et retour. C’est pas si mal, non ?

On finit par retourner à la voiture pour aller directement à l’hôtel, situé un peu plus loin, à Ballaculish.

La journée sera récompensée par un bon bain chaud, puis un whisky pris au bar de l’hôtel : un Oban pour Richard et un Highland park pour moi. On mange sur place, dans le resto de l’hôtel. Et, devinez quoi ? Nos plats mettent trois plombes à arriver parce que la serveuse s’est emmêlée les pinceaux et a oublié notre commande… Ah ah.

Alors qu’on traîne dans la chambre après manger, nouvelle surprise du soir : l’alarme à incendie se déclenche ! Décidément, c’est une spécialité écossaise… on parcourt les couloirs labyrinthiques pour sortir de l’hôtel, et y rerentrer deux secondes plus tard, l’alarme s’étant encore déclenchée par erreur.

Jour 7 : Le Glen Coe et Stirling Castle

Après un nouveau petit déj écossais roboratif, départ pour Stirling. En chemin, on contemple le magnifique Glen Coe, vallée encaissée entre de hautes montagnes. Les nuages s’accrochent aux montagnes et donnent un aspect fantomatique à l’ensemble. On voit beaucoup de randonneurs sur les départs de chemin, mais malheureusement nous n’auront pas le temps de les suivre.

Non non, ce n’est pas la montagne qui fume, c’est juste la brume écossaise.

Le prochain arrêt est à Callander, où on tente une petite balade matinale dans la forêt. Manque de pot, les indications du Lonely Planet étant très imprécises, on se trompe de parking pour débuter la promenade et on fait 1/2 heure de montée et descente pour rien. Retour vers la voiture et vers le bon parking : cette fois, on emprunte bien le chemin de randonnée qui mène aux Breklinn Falls, de magnifiques chutes d’eau qui transpercent la roche millénaire. Partout en Écosse, l’eau qui s’écoule des montagnes est brune, orangée, presque de la couleur d’un whisky très tourbé !

Ça donnerait presque envie de boire directement le whisky à sa source !

Après la rando, on file enfin vers Stirling, où on compte manger. Une fois sur place, on se gare dans un grand parking à l’entrée de ville, pas cher pour la journée. Puis, on part à la recherche de l’un des restaurants conseillés par le Lonely Planet. On entre donc au Brea, un sympathique petit restaurant qui propose des plats typiques. Richard prend le steak du jours, et moi du haggis, sauce au whisky, arrosés d’une bière et d’un cidre aromatisé au gingembre (je raffole des ginger ale, ginger beer et autres ginger cider anglais !).

Puis (après un détour à la voiture pour récupérer le pass des châteaux, que j’avais oublié de prendre), nous partons à l’assaut du château, en passant par la black walk qui fait le tour des remparts de la vieille ville. On entre dans un vieux cimetière derrière la cathédrale. Certaines tombes dates du XVIIIe siècles et sont vraiment remarquables, avec leurs gravures de crânes et de squelettes.

Une autre tombe pour la route…

On finit par entrer dans le château. Il y a du monde, mais moins qu’à Edimbourg. Comme nous ne sommes pas passés par les caisses, nous n’avons pas de plan et devons nous débrouiller à l’aveugle. On flâne de bâtiments en bâtiments, pour admirer les reconstitutions des appartements royaux de James V et de sa femme Marie de Guise, les cuisines, un musée sur le régiment écossais qui a vécu au château par la suite, etc. Il y a beaucoup à voir et à faire, sans compter la vue des remparts, qui offre un bel aperçu du monument construit en l’honneur de William Wallace au XIXe siècle (une tour néogothique qui s’élance du haut d’une colline) et d’un célèbre champ de bataille au pied du château. Et on croise même notre fantôme ! Un vieux guide aux longs cheveux blancs qui erre dans les ruelles du château et ne semble avoir aucun but… on fantasme sur la légende qui l’entoure et sur ses pouvoirs surnaturels… bon d’accord, ce n’était sans doute qu’un vieil employé proche de la retraite, mais qui sait ?

Bref, après tout ça, on sort enfin pour visiter la vieille ville. Petit détour par une vieille maison de nobles (comprise dans la visite du château), mais le bâtiment est exceptionnellement fermé pour travaux. Même déconvenue quand on veut rentrer dans la cathédrale, qui a connu le couronnement de James VI d’Écosse : elle ferme tôt, à 16h, et il est déjà 16h30. Tant pis, on se rattrape sur les rues de la vieille ville. Dans une boutique, j’achète enfin une jupe écossaise qui me faisait de l’œil. Puis on entre dans une librairie, pour dégotter un livre de coloriage sur l’univers du Disque-Monde, et un livre sur les fantômes écossais (en promo) pour moi.

Enfin, on reprend la voiture pour aller au dernier hôtel, le Airthe Castel. Encore un superbe château, à créneaux et fenêtres à meneaux ! Sur le côté, les ruines lugubres d’une ancienne église mangée de verdure lui donnent sa touche romantique (dommage, on ne peut pas y accéder). La chambre est à la hauteur du bâtiment, avec même un lit à baldaquins !

Si ça, c’est pas la classe !

On mangera sur place le soir, une salade pour moi (le haggis de midi, même s’il était bon, me reste un peu sur l’estomac) et un gratin de homard pour Richard, accompagnés de deux whisky tourbés, des Bowmore. Et, oui, c’est encore un peu compliqué avec les serveurs (les whisky mettent une éternité à arriver), décidément…

Jour 8 : retour en France

Au réveil, c’est un grand soleil qui nous nargue pour nos dernières heures en Écosse. On prend le petit déj écossais devenu traditionnel, puis, après avoir traînassé quelques temps dans la chambre (qui est quand même super belle), on reprend la voiture pour la dernière fois.

Comme on a le temps, on fait un petit détour par Falkirk, la plus grande ville du coin, pour voir à quoi elle ressemble. En fait… à rien du tout, c’est juste une ville dortoir. On aurait mieux fait d’aller voir la Falkirk wheel, un ascenseur à bateau sur le canal non loin, mais maintenant, il est trop tard. Direction l’aéroport !

Après un détour par la station service, on rend la voiture en bonne et due forme. Puis, c’est parti pour trouver notre avion.

L’aéroport est moderne, avec des systèmes pour étiqueter soi-même les bagages, et pour attendre moins longtemps au passage des portiques. Ça va plus vite qu’à Roissy ! Bon, sauf que j’ai oublié d’enlever ma liseuse de mon sac et que je dois attendre qu’un contrôleur la vérifie.

Mais on arrive très vite dans la zone de duty free, où on achète une nouvelle bouteille de whisky et quelques paquets de bonbons anglais. Puis, on part en quête d’un endroit où manger. On n’a pas très faim (spécialement Richard qui a mangé du haggis au petit déj) et on opte finalement pour deux barquettes de sushis et de succulentes boissons pétillantes goût yuzu-concombre. Quand est-ce qu’ils importent ça en France ?

Après ça, il est déjà temps d’embarquer (surtout que la porte d’embarquement est à l’autre bout), et on doit dire au-revoir à l’Écosse.

Le retour en France se fait tellement rapidement qu’on a à peine le temps de s’en rendre compte. On retrouve dans l’avion la même co-pilote et la même hôtesse de l’air qu’à l’aller.

Le retour se passe tout aussi bien que l’aller, et avec notre bus, nous arrivons à l’appartement un peu après 21h.

Voilà, l’Écosse, c’est fini !

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