Je ne me souviens pas avoir jamais cru au Père Noël.
C’est curieux.
Hier, j’ai eu la visite de ma soeur, de mon beau-frère et de leurs deux enfants, et, bien évidemment, le Père Noël s’était trompé d’adresse… Pas question de justifier les cadeaux autrement!


Mais, au plus loin que je peux remonter dans ma mémoire, je ne me souviens pas y avoir cru. Je ne me rappelle pas avoir écrit de lettres au Père Noël, ni d’avoir jamais réellement pensé qu’il y avait un bonhomme, là-bas dans le Nord, qui montait sur son traineau pour effectuer en une nuit ce que toutes les lois de notre monde démontrent comme totalement infaisable.
Oh, évidemment, je me souviens bien de ce vieux monsieur dans mon village qui à Noël revêtait un costume rouge et nous offrait des friandises lors d’un goûter organisé dans l’épicerie (oui, je parle d’un temps que les moins de vingt ans… bref, d’un temps où un village de 150 âmes ressemblait encore à un endroit vivant, agréable et convivial). Oui, à celui-là, j’y croyais. Mais, dans mon imaginaire, ce n’était pas LE Père Noël. Juste un gentil vieux monsieur un peu magicien, un peu sorcier, qui habitait la grande maison près du lavoir.
En général, quand j’en parle, les gens trouvent ça triste. Comme si « croire au Père Noël » était un rite obligatoire, une preuve incontestable de l’innocence des enfants. S’ils savaient !
S’ils savaient qu’à l’âge de 5 ans je croyais déjà dur comme fer au Royaume Caché, aux fées et aux mondes parallèles ! S’ils savaient que je ne me souviens pas *non plus* avoir créé cet univers qui m’est si familier aujourd’hui, cet univers dans lequel je me promène à loisir dès qu’un moment se présente ! S’ils savaient que je suis toujours restée persuadée que cet univers s’était imposé à moi dès ma naissance, comme un don un peu magique, un peu mystérieux, un don rien que pour moi, accordé par une gentille fée aux grandes ailes invisibles !
Alors, non, je ne me souviens pas avoir cru au Père Noël.
Mais, ben, au final, il m’a toujours semblé, depuis mon plus jeune âge, qu’il existait dans la vie des mystères qui méritaient autrement plus d’attention et de crédit que cette histoire de gros barbu à la solde du Grand Capital.
Suis-je anormale, docteur ?

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