Ben oui, durant les cinq derniers jours, j’étais absente, et pour cause : je me rendais au plus célèbre des festivals internationaux de Science-Fiction en France, les Utopiales !
Laissez-moi vous raconter tout ça en détail…

En réalité, le festival s’étalait sur quatre jours : jeudi, vendredi, samedi et dimanche. Isy et moi, on est parti le mercredi (isy était en week-end depuis le mardi soir) pour profiter un peu de ses parents qui nous hébergent durant ce temps. On devait aussi repartir le samedi, parce qu’on était invité le samedi soir à Cancale pour ce qui devait d’abord être une pendaison de crémaillère et un anniversaire.
Oh, autre chose : nous n’allions pas seulement en touristes aux Utopiales, puisque, en tant que membres du club Présences d’Esprits, nous étions censé avoir des pass durant toute la durée du festival. Le jeudi d’avant, nous nous étions même déplacés sur Paris afin de participer à une réunion pour organiser nos activités durant le festival. Je m’étais alors engagée à faire une interview de Christophe Lambert pour le fanzine, et, suite à un échange de mail avec ce talentueux auteur jeunesse, celle-ci a été confirmée. Une fois arrivés à Nantes, isy et moi, on part donc à la recherche d’un dictaphone pas trop cher, et ce n’est que vers 19h, à la FNAC, que nous trouvons notre bonheur pour pas moins de 30€, premier prix. Qu’est-ce que c’est cher, ces machins-là ! On fait le plein de cassettes, de piles, ça y est, on est paré !

JEUDI
Or donc, jeudi matin : levé 7h1/4, pour être là-bas au plus tard à 9h1/2. Nous sommes plutôt excités, mais nous tentons quand même de prendre notre temps, puisque les autres membres du club n’arrivent que vers midi, en train. En plus de ça, la semaine d’avant, Christophe, notre Bien-aimé Président du Club Présences d’Esprits, nous a informé que le club n’avait réussi à se dégoter une salle qu’à temps partiel : nous la partageons avec les scolaires (qui, cette année, sont la priorité du festival), et nous sommes donc SSF (Sans Salle Fixe) les jeudi et vendredi en journée. Pas la peine, dans ces conditions, d’arriver à l’ouverture…
C’est donc vers 9h30 que nous nous pointons devant l’entrée. Nous contournons fièrement la billetterie, et nous expliquons aux deux hommes qui surveillent l’entrée que nous sommes invités et que nous devons retirer nos pass à l’accueil, derrière eux. Une fois devant l’accueil, déception : selon eux, nous n’avons pas droit à des pass (ceux-ci permettant de bénéficier de pas mal d’avantages, comme avoir toutes les boissons non alcoolisées gratuites au bar, pouvoir manger avec les auteurs, pouvoir s’incruster aux cocktails VIP etc.), mais seulement à des billets gratuits qu’on devra retirer tout les jours à la billetterie (et en plus on va devoir faire la queue !). Nous, naïfs comme tout, on ne proteste pas, et on retourne à la billetterie, la larme à l’œil (bon, j’exagère peut-être, mais c’était pas loin !), pour retirer ces maudits billets.
Ensuite, repérage : on furète un peu partout, on contemple les expos de peinture et d’illustrations, on se morfond au passage du fait qu’on va dorénavant devoir payer nos cafés, on zieute le programme, on passe dans la salle de jeux de rôle… puis, je repère Christophe Lambert (heureusement que je l’avais vu en photo récemment !), et, vaillamment, je m’approche de lui, lui tapote l’épaule, et me présente comme celle qui lui a demandé une interview par mail. Bon, à ce moment, je dois avouer que je le connaissais déjà un peu, puisque j’avais fait un atelier d’écriture avec lui l’année dernière. Mais bon, ça n’en restait pas moins impressionnant !
Il répond avec le sourire et on convient de faire l’interview aujourd’hui même, après sa séance de dédicace, vers 18h. A ce moment, on aura récupéré la salle du club et on sera tranquille…
Isy et moi, on repart satisfait, on monte à la mezzanine pour fureter dans la librairie, et on repère, dans le couloir à droite, la salle « Phileas Fogg » qui devrait normalement être celle qu’on partage avec les scolaires. Puis on se pose sur les fauteuils en bas. Le temps passe lentement, on ne cesse de pleurer sur nos pass absents, en espérant que les autres membres du club auront pris le train qui arrive à 11h, et non celui qui arrive à midi.
Finalement, c’est vers 11h30 que nous les voyons débarquer, les bras chargés de valises et de cartons en tout genre. Il y a Christophe, Yohan (notre illustrateur « officiel ») et Georges. Eric Lesueur, qui fait partie du club, mais n’est pas au festival pour ça, suit avec son fils. Christophe se jette sur nous en nous demandant pourquoi nous n’avons pas de pass, alors qu’eux arborent fièrement le leur, pendu à leur cou. On explique notre malheur, et Notre Fabuleux Président s’indigne, expliquant que des pass à notre nom nous attendent à l’accueil et qu’on aurait dû gueuler pour les obtenir. On retourne donc à l’accueil et, après quelques explications, effectivement, on récupère nos pass, qui attendaient dans une enveloppe sur laquelle était inscrit en gros « Club Présences d’Esprits ». Rah là là, on a failli se faire entuber en beauté !
C’est donc tous guillerets qu’on les rejoint en bas des escalators, nos pass autour du cou. Là, on retrouve les Modena (Eric et Béatrice), avec qui je discute quelques temps, pendant qu’isy vient rejoindre Christophe et Yohan. Je remarque du coin de l’œil que Pierre Bordage (directeur des Utopiales et éminent écrivain français) vient leur serrer la main (Christophe s’est lié d’amitié avec lui). Isy doit être content, Bordage est l’un de ses auteurs préférés !
Ensuite, on monte à l’étage pour leur montrer la salle, et on repère, dans le couloir, en face, un petit coin sympa, avec vue sur le hall, garni de tables et de chaises, où on pourrait installer un stand en attendant que la salle se libère. Ne reste plus qu’à obtenir l’autorisation de l’organisation. C’est pas encore gagné. Notre Formidable Président s’y colle, et revient quelques minutes plus tard, avec l’accord. C’est parti, on pose nos sacs et nos manteaux, on réorganise les tables et on déballe les affaires, avec pour mission de rendre ce stand le plus attractif possible pour que les gens s’y arrêtent !
Au passage, isy et moi, on zieute les « nouveautés » du club : d’abord quatre splendides illustrations en format A4 proposées à la vente pour 3€ l’illu et 10€ les quatre, puis le fameux « AOC », le hors-série du fanzine composé exclusivement de nouvelles, proposé à la vente pour 3€ également. A côté, les articles habituels : les fanzines, qu’on répartit par numéros, les cartes postales, les T-Shirts, les anthologies, une pile de tracts ventant les mérites du club, etc. Georges met dans un coin ses ventes pour les « rhodaniens », une sorte de secte de fans de SF pure des années 50 (enfin, je caricature, mais c’est pas loin) qu’il représente. Heureusement que le club récupère une petite participation sur les ventes, parce que ça ne nous procure pas une très bonne image. Christophe tente au maximum de les planquer dans un coin.
Enfin, les affichettes de prix sont posées, les illustrations placardées au mur, et on commence à parler de l’organisation de ces quatre jours. Il est convenu que Georges fera sa conférence le vendredi soir, que le samedi matin sera consacré à l’atelier d’écriture animé par les Modena, et le dimanche matin, à l’atelier BD animé par Yohan. Je précise à Christophe que je n’ai finalement pas préparé de conférence, et que promis, l’année prochaine, je m’y mets ! Le reste du temps, on utilisera la salle pour les différentes interviews prévues (Yohan commence à flipper pour son interview de Moorcock, en se demandant si le grand monsieur aura du temps à lui accorder). Entre temps, Vincent est arrivé pour nous donner un coup de main, puis Isabelle, et isy et moi sommes partis nous chercher un thé au bar, tout contents de ne finalement pas avoir à payer. Puis je vais chercher des sandwichs dans une boulangerie pas loin (il y en a vendus au bar, mais je n’aime pas les ingrédients proposés).
De retour, ou avant, je ne me souviens plus exactement de l’ordre, on rencontre un autre membre du club : celui que les habitués du FLT connaissent sous le pseudo de Mad_Dog. Il arbore, lui, un pass « information », puisqu’il fait partie de l’organisation du festival. Comme nous sommes de grands blagueurs, au club, c’est donc sous ce titre, « monsieur information », que nous l’appelons le reste du temps. Le pauvre est chargé d’encadrer les scolaires, que nous voyons passer en essaim de temps en temps. Il y a tous les âges : des petits bouts d’chou hauts comme trois pommes aux grands boutonneux qui traînent des pieds…
En milieu d’après-midi, nous nous éclipsons pour suivre une conférence avec Christophe Lambert, Nathalie Le Gendre, Pierre Bordage et Roland C. Wagner. Le thème : « le devenir de l’homme dans la SF ». Nous sommes peu nombreux, l’ambiance est sympa. Roland, comme à son habitude, met de l’animation avec sa grande gueule. Christophe intervient peu, il nous a avoué après que les questions philosophiques n’étaient pas vraiment son truc. Finalement, la conférence est assez brève, faute de questions. On part ensuite à la librairie pour assister à la séance de dédicace. J’ai ramené le dernier livre de Christophe Lambert, « La loi du plus beau », pour qu’il me le dédicace. J’achète sur place « Souviens-toi d’Alamo », un autre de ses livres, celui qu’il préfère, et nous retournons au stand, en attendant la fin de la séance de dédicace de Christophe. Il y a peu de visiteurs au stand, mais, en même temps, le festival est assez calme. Peu de monde en ce jeudi. On profite de ce répit pour se décider pour une séance de cinéma. Malheureusement, comme on part le samedi, on préfère ne voir qu’un film et profiter du festival le reste du temps. On opte donc pour « Natural city », un film coréen, le vendredi, à 17h30.
Enfin, Christophe arrive au stand, dit bonjour à tout le monde, et on s’isole dans la salle, enfin libérée. Je sors ma feuille de question (Christophe Notre Vénéré Président m’en a suggéré une à la dernière minute), et isy enclenche le dictaphone. C’est parti…
Une demi-heure après, fin de l’interview. Je ne suis pas vraiment contente de moi, il y a eu beaucoup de blancs, les questions ne s’enchaînaient pas bien, et j’ai l’impression que Christophe en a trouvé certaines peu intéressantes. Mais bon, on retravaillera tout ça par mail, et je suis plutôt contente qu’il m’ait servi de cobaye. La prochaine fois, je tenterai de faire mieux…
On retourne au stand, où j’apprends que Bruce Sterling est passé pour se tenir au courant de sa propre interview. Elle aura lieu le lendemain, pendant midi. Puis on passe le reste du temps derrière le stand, à attendre les clients potentiels, qui sont rares. Vincent propose que Isabelle et moi fassions un strip-tease pour attirer le chaland, mais on s’y refuse catégoriquement. Finalement, c’est pendant l’absence de Christophe, alors qu’on commence à remballer (il est déjà 19h), que quelques personnes arrivent. Je réalise, toute fière, ma première vente : un PdE n°41 ! Puis d’autres personnes se renseignent sur le club et le fanzine, et j’explique bravement qui nous sommes, ce que nous faisons, ce que nous proposons. Les gens repartent avec des tracts, quelques uns promettent de revenir. Enfin, isy téléphone à ses parents et nous nous en allons pour manger avec eux.

VENDREDI
Nous avons promis d’arriver pour l’ouverture, à 9h, et le réveil sonne encore une fois à 7h1/4. C’est en même temps que Christophe, Yohan et Georges, qui dormaient chez une adhérente bienveillante, que nous arrivons devant le palais des congrès. Flûte, nous qui voulions arriver avant eux…
Tout de suite, on se dirige à l’étage, on récupère nos affaires entreposées dans la salle et on remonte le stand. Peu de temps après, les gens de Khimaira, un fanzine de fantasy belge super bien foutu (et bientôt vendu en kiosque), débarquent. Il paraît qu’à chaque festival, on leur prête gracieusement un bout de stand. Ils sont vraiment sympas. Isy et moi, on sympathise très vite avec eux. Le stand est réorganisé, et leur magazine est mis en avant. Comme ils nous laissent nous occuper complètement de la vente pendant qu’eux profitent du festival, ils nous cèdent 1€ pour chaque vente réalisée (à 6€ l’exemplaire). C’est moins que la FNAC, mais c’est pas mal, et on est plutôt fiers de vendre leur mag qui est vraiment très esthétique avec une couverture glacée et colorée. Bon, en même temps, à côté, les PdE en noirs et blancs font grise mine…
La matinée se passe encore assez calmement. On voit de temps en temps passer Mad_Dog et ses hordes de scolaires criards, et on le plaint sincèrement. Les Modena prennent une pile de tracts et vont faire du démarchage auprès des gens. C’est courageux de faire ça, j’en serais absolument incapable. Je suis trop timide. Déjà, j’ose à peine aborder les gens qui viennent au stand. Yohan a réussi à s’adresser à Michael Moorcock, qui est d’accord pour l’interview, mais lui a dit de s’adresser à l’organisation pour leur trouver un créneau horaire, car il ne se souvient plus de son emploi du temps.
Vers midi, mouvement de panique : Bruce Sterling arrive pour son interview, et Georges, qui devait la mener, est parti on ne sait où ! Heureusement, il a laissé ses questions, et Yohan décide courageusement de le remplacer, du moins pour le début. Un interprète est dépêché d’urgence puisque Yohan ne se sent pas capable de soutenir une conversation en anglais. Ils s’isolent dans une salle libre à côté de la notre, encore occupée par les scolaires. Finalement, Georges arrive et continue l’interview tandis que le traducteur s’en va, sauf que Sterling, qui n’a pas tout compris, continue de s’adresser à Yohan comme si c’était lui, son intervieweur ! Le traducteur étant parti, Georges n’étant pas vraiment décidé à traduire à sa place, le pauvre Yohan est complètement perdu alors que Sterling l’interpelle, lui pose des questions etc. Bref, Yohan sort de là lessivé, et plus démotivé que jamais pour mener l’interview de Moorcock. Sterling, tout sourire, passe à notre stand et zieute un peu, puis s’en va. Entre temps, isy et moi sommes parti chercher nos sandwichs. Comme on a acheté les quatre illustrations proposées à la vente, et que Yohan est l’auteur de l’une d’entre elles, on lui demande de nous la dédicacer.
L’après-midi se passe tranquillement, Christophe est à la recherche de Bordage pour lui demander également une interview, et Isabelle prépare consciencieusement les questions qu’elle va lui poser. En début d’après-midi, c’est Walter John Williams qui s’y colle. Christophe s’isole dans la salle avec lui et Georges. Pendant ce temps, nous, on alterne les promenades dans le festival et les gardes au stand. On achète l’anthologie « Utopiae », qui sort tous les ans à l’occasion du festival, et on la fait dédicacer à tous les auteurs présents qui y ont participé. Il y a Marcus Hammerschmitt, un allemand, Dominique Warfa, un suisse, Leo Lukas, un autrichien, Khristo Poshtakov, un bulgare, et enfin, Pablo Castro Hermosilla, un chilien très sympa qui parle un français impeccable, et Roberto Bayeto, un uruguayen qui lui, ne parle pas un mot de français mais qui signe « Para la bella Evelyne ». Ça fait plaisir !  
On en profite pour acheter aussi Faeries Hackers de Johan Heliot, qui est annoncé en dédicace juste après, Gotham, de Xavier Mauméjean, et Les Ombres de Peter Pan, une anthologie de nouvelles dédiées à Peter Pan. On fait dédicacer celui-ci par Fabrice Colin et Francis Berthelot. Y ont également participé, entre autres, Xavier Mauméjean, Catherine Dufour, Christian Vilà et Johan Heliot. Plein de dédicaces en perspective pour 18€ seulement ! Vive les anthologies…
On revient au stand en guettant l’arrivée de Johan Heliot derrière la table de dédicace. Finalement, il n’arrive jamais, apparemment ils se sont trompés en l’annonçant. Vive l’organisation du festival ! On est très déçus. Bon, tant pis, on essaiera de le choper demain…
W.J. Williams sort de l’interview, très content. Comme les autres, il passe faire un petit tour sur le stand, et nous dit, avant de repartir : « That’s a charming table, I must say ! ». Ça aussi, ça fait plaisir…  
Mais le must de l’après-midi reste John Howe, l’un des invités prestigieux du festival (pour les incultes qui ne le savent pas, John Howe est un illustrateur anglais qui a entre autre illustré l’œuvre de Tolkien et dont les oeuvres ont servi pour le film). Pendant toute l’après-midi, Isabelle, qui est une fan conquise, nous parle de lui, commence en blaguant à jouer à la pom-pom girl en écrivant son nom avec ses bras (et c’est pas facile !) etc. A un moment dans l’après-midi, on le voit passer pour aller aux toilettes (il faut dire que notre stand est, entre autres, dans le couloir menant aux toilettes). Les gens de Khimaira arrivent alors pour nous rendre une petite visite et commencent à discuter devant le stand avec nous et Isabelle. John Howe revient à ce moment, s’arrête devant le stand, bouscule légèrement une fille de Khimaira pour feuilleter le dernier numéro de leur magazine, puis jette un coup d’œil au reste. Pendant ce temps, tout le monde réalise qui c’est, la conversation se fait un peu plus crispée, les visages blanchissent. Enfin, il s’en va, et le stand résonne d’un concert de cris : « mon dieu, c’était John Howe ! John Howe a feuilleté notre magazine ! John Howe m’a bousculée ! ». Enfin, voilà, quoi…
Après ce moment d’émotion, ça se calme. Nous, on redescend à la salle « jeux de rôle », pour acheter un jeu de carte qu’on avait déjà repéré : ça s’appelle « il était une fois », et il s’agit de raconter une histoire collective en fonction des cartes qu’on a en main. Le premier à avoir posé son dénouement une fois qu’il a épuisé toutes ses autres cartes a gagné… On retourne au stand et on entame une partie endiablée avec Vincent. C’est l’histoire d’une sorcière dans une ville en ruine qui poursuit un troll alors qu’elle a mis la ville à sac suite à la défaite du FC Sorcière face à l’Olympique des Trolls par 3 à 0… finalement, c’est Vincent qui gagne, en posant un « et ils organisèrent une fête en l’honneur de leur village reconstruit » qui nous laisse, isy et moi, tous déconfits. Mad_Dog a assisté à la partie.
Il est bientôt 17h30, et tandis qu’Isabelle va dans une salle de ciné annexe pour voir un film documentaire sur John Howe, nous on se dirige vers la salle principale, pour voir notre premier et seul film : Natural City. Deux heures plus tard, on en ressort un peu déçus. L’image était superbe, mais l’histoire plutôt creuse : une sorte de Blade Runner à la sauce romantique, fortement américanisé, ce qui me semble dommage pour un film coréen. Ce ne sera pas un film qu’on retiendra. J’aurais préféré voir le documentaire…
On revient, toujours fidèles, au stand Présences d’Esprits. Christophe parle d’aller manger, ce soir, au restaurant du festival, avec les auteurs. On décide de les accompagner. Comme on n’a pas de tickets spécifiques, nos repas sont payants, mais pas très chers : 15€. C’est peu cher payé pour manger en compagnie de Moorcock, Sterling, Spinrad, Williams, Wagner, Bordage…
On passe donc à la voiture pour déposer nos affaires et on revient. Yohan et Christophe nous ont attendus. On monte au 2ème étage par l’ascenseur et on se rend au restaurant. Là-bas, déjà plein de monde est attablé autour de tables rondes. Il va falloir se trouver quatre places… Je passe devant une table devant laquelle se trouve, entre autres, Fabien Vehlman, mon scénariste de BD préféré, que j’idolâtre littéralement. Je regrette qu’il n’y ait pas quatre places de libre à sa table. Finalement, on en trouve une un peu plus loin, quasiment vide. Derrière nous, Isabelle est installée avec des amis à elle, l’illustratrice Sandrine Gestin se trouve avec elle. Isy et moi, on repère Xavier Mauméjean, à qui on se doit de dire bonjour. Christophe Lambert est là aussi, mais on n’arrive pas à le croiser. Durant la queue pour se faire servir le plat principal, on se met juste derrière Fabien Vehlman (bon, d’accord, c’était un peu fait exprès de ma part). Et, alors que j’échange quelques mots avec isy sur le choix de plats proposés, Fabien se retourne et nous parle ! Miracle ! Fabien m’a parlé… *__* Je balbutie tant bien que mal quelques mots, mais l’émotion est là… Fabien Vehlman me parle comme à une invitée ordinaire du festival ! Isy est quand même un brin jaloux par mon admiration sans borne…
De retour à la table, on repère d’autres auteurs : dans un coin, Spinrad et sa femme discutent avec le couple Moorcock, Roland un peu plus loin est très repérable avec ses éclats de voix, et on trouve aussi Williams, Berthelot, Valery…
Un peu plus tard dans la soirée, arrive Viviane, l’adhérente qui héberge Christophe, Yohan et Georges, et on fait sa connaissance. Enfin, on repart vers 22h, heureux !

SAMEDI
Pour cette fois, j’ai le droit de dormir un peu plus tard : le festival n’ouvre qu’à 10h. Nous avons quand même promis d’arriver avant, pour installer le stand avant que le public arrive. Aujourd’hui va être une grosse journée. Malheureusement, pour isy et moi, c’est notre dernière pour cette année.
Une fois là-bas, à 9h30 à peu près, nous retrouvons Vincent, bien matinal pour une fois. Comme Yohan, Christophe et Georges ne sont pas encore là, nous décidons de tout installer avant leur arrivée, pour les prendre de vitesse. Hop hop hop, en un quart d’heure tout est prêt, et on voit Yohan qui grimpe les escalators. Christophe et Georges arrivent peu après.
On discute un peu de la fête de ce soir à Cancale, organisée par François et Gabi, deux membres éminents du club. Isabelle et Christophe étaient invités, et ont décliné, avec regret, pour cause d’Utopiales. Cancale est quand même un peu loin de Nantes pour faire l’aller-retour… Christophe nous demande d’amener quelques trucs du club pour là-bas. Des « AOC » et des illustrations pour les montrer à François et les autres membres du club qui seront là-bas ce soir.
Puis, à 10h, Christophe se rend à l’entrée avec des tracts annonçant l’atelier d’écriture de 10h30. Il fait même passer une annonce publique qui résonne dans le hall : « A 10h30 tout à l’heure, le club Présences d’Esprits organise un atelier d’écriture dans la salle Philéas Fogg, au deuxième étage… ». Tandis que notre Mille Fois Loué Président remonte les escalators, nous l’acclamons de notre balcon, les gens doivent nous prendre pour des fous !
Mais, au final, quasiment personne ne se déplace pour l’atelier. Les Modena s’enferment quand même avec le peu de participants pour deux heures de réflexion intense. Nous, on reste au stand. Claire Panier-Alix arrive et on discute un peu avec elle. Aujourd’hui, j’ai un objectif : arriver à trouver Ghislain Morel, alias Mutantmaker sur internet (et en particulier sur le site Yafoule où je le connais depuis plus de deux ans), qui est également le manageur et l’un des membres du groupe du Donjon de Naheulbeuk. Je suis déçue de ne pas pouvoir aller à leur concert, demain.
Autre objectif : faire toutes les dédicaces qu’on n’a pas pu faire la veille, en particulier celles de Xavier Mauméjean et celles de Johan Heliot. Comme je ne sais pas à quoi ressemble ce dernier, je vais à la librairie et je feuillette les « Bifrost », à la recherche d’une interview de lui dans laquelle il y a sa photo. Comme tous les jours, Christophe Lambert vient nous rendre sa petite visite et discute un peu avec nous. Ronan arrive en renfort de Paris. Ça tombe bien, comme nous on s’en va cette après-midi, il faut d’autres personnes pour animer le stand.
Il nous montre alors un E.T. gonflable (genre petit gris, mais en bleu, d’un mètre de haut), qu’il a ramené avec lui. On décide de lui faire une petite place sur le stand, après lui avoir scotché la bouche (pur délire de notre part, mais tout le monde, après, nous demandait pourquoi il avait la bouche scotchée). Sur son torse, Ronan scotche une feuille : « Trouvez-moi un nom ! Je ne suis pas un numéro ! ».  Il pose à côté une feuille blanche et un stylo, et… ça marche ! Toute la journée, les gens se sont arrêtés, ont proposé des noms, et en ont profité pour zieuter le stand. Aux alentours de midi, Christophe, Georges, Isabelle et Eric vont dans la salle pour interviewer P.J. Herault, un auteur de science-fiction apparemment très connu dans les années 70, mais plutôt oublié maintenant. L’interview s’éternise pendant qu’on mange. Aurelia, de Naheulbeuk, vient à notre stand, et j’en profite pour lui dire que je cherche Ghislain, mais que je ne le connais pas de vue. Elle me dit que dès qu’elle le voit, elle lui demande de venir au stand… et quelques minutes plus tard, effectivement, il arrive, tout sourire. On discute un peu, je lui montre l’interview de Naheulbeuk parue dans le dernier PdE, puis il part expérimenter le restaurant du festival. A 14h, il doit participer à une conférence, à laquelle je veux assister.
Il commence à y avoir du monde, mais pas foule non plus. Installée tranquillement derrière le stand, je feuillette le dernier Khimaira que je viens d’acheter. A 14h, isy et moi on part en quête de la fameuse conférence, ayant pour thème « Y a-t-il une dimension idéologique dans le jeu ? ». Finalement, après avoir fait le tour du festival pour trouver, on se rend compte que c’est dans la salle juste à côté de celle du club que ça se passe. Entre-temps, j’ai quand même acheté le cd du Donjon de Naheulbeuk pour me le faire dédicacer par Ghislain. La conférence est vraiment très intéressante. L’animatrice est un puit de science sur le sujet, on apprend vraiment plein de trucs. On parle d’un peu de tout, des jeux de rôle, mais aussi des jeux de plateau, du Monopoly, du jeu « Diplomatie » qui est, paraît-il « le jeu des Kennedy », des Sims, qui est quand même une ode au capitalisme (pour réussir, il faut trouver un métier qui rapporte et construire une piscine pour avoir plein d’amis), etc. Dans les participants de la conférence, joie ! on repère Johan Heliot.
A la fin, on demande la dédicace à Ghislain, ainsi qu’à Aurelia, à côté. Malheureusement, on n’arrivera pas à trouver les autres membres du groupe… En sortant de la salle, surprise ! C’est la foule ! Au stand, Ronan n’arrête pas, les gens se pressent. On apprend que Christophe et Isabelle sont en interview avec Bordage. On se rend à la librairie, où on repère Xavier, encore en dédicace. On décide d’attendre la fin pour lui demander la notre. On trouve Johan Heliot et on lui demande une dédicace. Il s’exécute avec beaucoup de gentillesse. Catherine Dufour est arrivée aussi, mais elle est scotchée au bar, et on hésite à la déranger pour une dédicace. On attendra un moment plus propice, lors d’une prochaine Assemblée Générale par exemple. Comme elle fait partie du club, on aura bien d’autres occasions de la voir.
Puis on vient voir Xavier et on l’amène à notre stand. Il fait notre dédicace avec plaisir, parle un peu de son dernier livre, qu’on n’a pas encore acheté, et nous demande des nouvelles de nos nouvelles. Il fait un très beau compliment à isy, en lui disant qu’il se souvient parfaitement de son texte et qu’il espère qu’il aboutira à quelque chose. Il s’indigne du fait que mon texte, qui était précédemment passé entre ses mains, se soit fait démonter au dernier atelier. Il nous demande expressément de lui renvoyer nos textes dès qu’on les aura retravaillés. Xavier est vraiment quelqu’un d’adorable.
Enfin, Christophe et Isabelle sortent de leur interview et on commence à penser à partir. Il est 16h passée, de la route nous attend pour aller jusque Cancale. Christophe nous donne tout ce qu’il faut pour le soir, on dit au revoir à tout le monde, et on quitte, attristés, le festival. Snif ! Vivement l’année prochaine…  

Enfin, heureusement, le soir, on va pouvoir tout raconter à François et aux autres membres du club ! Et finalement, je ne regrette pas d’être partie plus tôt pour aller à cette fête, car, grosse surprise, en arrivant chez François et Gabi, on apprend ZE nouvelle : ils se sont mariés dans l’après-midi ! Je suis très émue par la nouvelle, Gabi est toute belle dans sa robe, et François fringuant dans son costume. Christophe et Isabelle vont être dégoûtés de ne pas être venus ! Sont présents à la fête, également, Olivier, qui dort dans le même hôtel que nous, Damien et sa femme, que je n’ai pas vus depuis un bail, et Christian et Marie-Hélène Hochet. On leur montre, tous fiers, les illustrations ainsi que les AOC, et chacun sort ses sous pour acquérir les illus.
Bref, la fête est super sympa, même si on a une petite pensée pour ceux qui sont restés aux Utopiales. François a gardé les illustrations qu’on avait ramené pour les placer dans une librairie de Saint Malo, et moi, je repars avec deux numéros du dernier PdE pour tenter de les placer dans la FNAC du Havre.
Au risque de me répéter : vivement l’année prochaine !

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