L’une des rares personnes que je connaisse dans ma résidence est le type de la chambre d’en face, à côté de la cuisine. C’est un espagnol. Il est plutôt sympa, en général. Sauf les soirs où il se met à faire la cuisine à minuit, accompagné de ce qui doit être vraisemblablement une copine à lui. Bon, encore, les bruits de cuisine, quand on essaie de dormir, on s’y fait. Lui, aucun problème : il a une voix grave, très posée, qui s’entend à peine. Mais sa copine, sa copine… >< Le pire, c’est que je ne sais même pas à quoi elle ressemble. Je peux juste imaginer au son de sa voix. Une voix criarde, vulgaire, qui donne toujours l’impression qu’elle est en train de s’engueuler, alors qu’en fait, non. Et je ne vous parle même pas de son rire ! Un cauchemar… Mais le summum de tout ça, c’est de constater chaque soir en l’entendant à quel point elle est… d’une bêtise affligeante.
Extrait de conversation entre elle et l’espagnol :
 » Elle : Tiens, c’est quoi, ça ? De la « fécule » ?
Lui (très calme) : C’est de la farine de pomme de terre.
Elle : Ah ouaaiiiis… C’est parce que t’as mis ça que les z’haricots (parenthèse : oui, elle a bien prononcé « z’haricots » fin de la parenthèse) ils sont tous blancs maintenant ?
Lui (j’admire son calme) : Non, ça, c’est parce que j’ai mis du lait. »
De quoi s’étouffer avec l’oreiller de désespoir. Jusqu’au final, alors qu’ils s’apprêtent tous les deux à regagner la chambre, le supplice ne nous est pas épargné :
 » Elle (hurlant bien fort histoire d’en faire profiter tout l’étage) : Ah mince, en fait depuis tout à l’heure on est en train de parler super fort, mais il est déjà presque minuit ! Ya des gens qui dorment sûrement ! Oh là là, moi qui déteste quand des gens parlent et que j’essaie de dormir, et puis en fait je fais la même chose… Ah c’que ça m’énerve, ça ! (etc, etc, etc.)  »
Je ne suis pas une fille violente. Et pourtant, c’est dingue le nombre d’idées qui vous passent par la tête dans ces moments là. De quoi en écrire un recueil, une fois l’expérience achevée :  » Survivre en cité U: mille et une façon d’assassiner vos voisins de chambre, par Keina. »
Chuis sûre que ça ferait un malheur sur les campus.

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