C’est quand même curieux. Pendant un an, j’ai écrit (Une Silfine) pour moi, comme ça, petit à petit. J’étais ma seule lectrice et je m’en fichais, j’étais dans mon histoire. Parfois je mettais un extrait ici, pour montrer mon avancement, mais je ne demandais rien de spécial en retour. J’écrivais, simplement. Sans me poser de question.
Et là, patatatra. Il y a quatre jours je commençais la publication de ce roman sur internet, sans me douter que c’en était fini de ma tranquillité d’esprit. Car depuis, je ne cesse de guetter site, boîte mail, forums, en quête d’une review. C’est dingue comme le simple fait d’attendre un retour d’éventuels peut changer complétement notre façon de nous comporter vis à vis de notre texte. On espère se montrer suffisamment détaché, on tente de montrer qu’à nos yeux, ça n’a pas vraiment d’importance (et on se retient surtout, surtout, de faire du chantage, en particulier quand on en a été victime nous-même !), mais c’est trop tard. La review nous tient désormais en son pouvoir. C’est curieux, vraiment. Depuis l’année dernière, rien n’a fondamentalement changé dans ma façon d’aborder l’écriture. Depuis une semaine non plus, d’ailleurs. Mon texte est toujours le même, mon état d’esprit également.
Pourtant, il y a une semaine, le fait que personne ne me parle de mon roman ne me traumatisait pas plus que ça. Je savais me montrer patiente. Je savais que l’avis ultime sur mon texte serait celui d’un éditeur et que je devais attendre sans doute des années avant de l’obtenir. Aujourd’hui l’impatience me triture l’esprit plus sournoisement que la peste (je ne sais pas si la peste est sournoise mais je manquais d’image évocatrice). Je suis avide de mots laissés par des lecteurs. J’ai envie qu’on me lise, qu’on me connaisse, qu’on me reconnaisse. J’ai envie de tout, tout de suite !
Alors, vraiment, je me pose la question : Internet n’est-il pas en train de fabriquer une génération de lofteurs et star-academicien de l’écriture ?…


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