mercredi 24/10/18 – Du cimetière de dragons au col d’Arthur

On remballe les affaires le lendemain matin, direction : Arthur’s Pass Village, en haut des Southern Alps. Nous reprenons la même route qu’à l’aller, le long du lac Pukaki, pour rejoindre la route 8 qui va vers la côte est. Notre premier arrêt se fait au bord du Lake Tekapo, pour prendre un café. Et, devinez quoi ? Le lac est encore une fois magnifique, scintillant au soleil et cerné par les montagnes. Ça en deviendrait presque blasant… mais non, ça ne nous empêche pas de nous émerveiller à chaque fois !

Lac, montagnes, ciel bleu… voilà quoi.

Après cette pause, on roule jusque Geraldine où on s’arrête à un supermarché pour acheter quelques victuailles. Toutes les villes qu’on croise sont vraiment marquées par la ruée vers l’or du XIXe siècle, et semblent tout droit sorties de vieux westerns, avec leurs maisons en bois, leurs trottoirs couverts, et leurs larges devantures à l’ancienne. Comme il est encore tôt, nous repartons sur la route avec l’espoir de trouver des cafés un peu plus loin.

Plutôt que de continuer vers Christchurch (que nous ne verrons pas), nous nous engageons dans la Inland Scenic Road pour bifurquer vers l’ouest. Celle-ci nous fait passer dans une vallée verdoyante, puis nous emmène au cœur de collines sauvages. On passe les gorges de Rakaia River, aux pentes escarpées, au fond desquelles la rivière serpente, d’un bleu éclatant qui se mêle au blanc des rapides.

La rivière qui serpente…

Puis, alors qu’on fait chou blanc à un premier café qui est fermé, demi-tour pour en rejoindre un autre, repéré trop tard. C’est le café/restaurant d’un golf, dont on admire les étendues verdoyantes (colonie britannique oblige, la Nouvelle-Zélande est truffée de golfs), tout en dégustant une tourte pour Richard et une salade de pâtes pour moi.

Un golf néo-zélandais. Qui ressemble beaucoup à un golf anglais. Ou irlandais. Ou écossais.

Nous reprenons la route qui passe entre des collines balayées par le vent et le long d’immenses lits de rivières caillouteux, sillonnés par de minces filets d’eau zigzagante. À Springfield, l’arrêt s’impose pour prendre de l’essence, puis nous nous arrêtons encore une fois pour admirer un lac (encore).

Lac, montagnes, ciel bleu. Oh yeah.

Notre premier arrêt balade se fait à Castle Hill, une colline couronnée de rochers monumentaux sculptés par l’érosion. Ça nous évoque un cimetière de dragons. De loin, il me semble presque voir la mâchoire entière d’un dragon millénaire qui se serait posé là pour mourir… Nous décidons de monter au plus près, et de nous promener entre les roches. Avec le soleil, l’ombre de celles-ci est bienvenue. Nous imaginons là des vertèbres, ici un crâne de dragon, et plus loin encore une patte… Même s’il y a un peu de touristes encore (pas moyens d’être seuls dans ce pays, décidément…), c’est vraiment superbe.

Les vertèbres du dragon. Ou ses dents. Ou ses écailles, au choix.

Ouais ben c’est pas toujours facile de se prendre pour une aventurière.

De retour sur la route, nous traversons la rivière Waimakariri, qui vaut bien un arrêt photo. Là encore, l’eau s’écoule au milieu d’une vaste étendue de galets, dont la vallée se prolonge jusqu’au pied des montagnes qui s’élèvent de part et d’autre de celle-ci.

Il y a une rivière, au milieu. Je crois.

Titiiiiine !

Et ça, c’était le pont une voie pour traverser la rivière. Les Néo-zélandais ne connaissent que ça, les ponts une voie. Dans le genre pratique, on repassera…

La route grimpe encore un peu et les montagnes se resserrent autour de nous. Nous avons le temps d’apercevoir le Tranzalpine, le train qui travers les Southern Alps et relie l’est et l’ouest de l’île.

Eeeet voilà le Tranzalpine ! Mais siiii, là-bas, tout au fond, entre les herbes…

Puis nous arrivons à Arthur’s Pass, un col encaissé entre des sommets majestueux. Cette fois-ci, j’ai bien la sensation d’être « à la montagne », comme en France ! On s’enregistre à notre motel, qui nous propose un petit appartement très charmant, dont nous n’aurons par vraiment l’occasion de profiter. On ressort en effet bien vite pour une promenade tardive. Le temps est en train de changer : même s’il y a toujours du soleil, quelques nuages entourent les pics et l’un d’eux nous envoie une petite bruine assez froide.

Le village d’Arthur’s pass, au fond de la vallée.

On se rhabille vite avec des vêtements plus chauds pour partir à la découverte d’une cascade, la Devil’s Punchball Cascade, à une trentaine de minutes à pied. Ça grimpe à nouveau (et par des escaliers, encore : en Nouvelle-Zélande, c’est tout ou rien ! Soit les chemins sont hyper bien aménagés, avec escaliers anti-dérapants et des allées très larges, soit il faut les deviner dans la roche…), mais le résultat en vaut la peine. La cascade s’élance du haut de la montagne pour s’écraser en contrebas, formant un arc-en-ciel permanent. Comme beaucoup d’endroits, le site a une connotation spirituelle pour les Maoris, et un panneau nous explique son histoire.

La “Devil’s Punchball Cascade” mal nommée (Moi j’aurais plutôt dit “Rainbow Cascade”)

Retour au village pour y manger. Il est encore tôt, à peine 18h, mais notre logeuse nous a prévenu que tout fermait très tôt ici ! Nous allons au seul pub du village, pour y manger un « curry of the day » très épicé, arrosé d’une bière Monteith’s puis d’un verre de syrah. Quand on revient à la chambre, la nuit ne tarde pas à tomber entre les montagnes encaissées. Nous qui voulions ressortir pour une petite balade jusqu’à la gare où le Tranzalpine s’arrête avant de s’engouffrer dans la montagne, nous sommes refroidis par le temps qui s’est nettement dégradé et la pluie fine qui s’est mise à tomber sans discontinuer.

Tant pis, on reste dans notre mignon petit lodge pour y bouquiner, à l’abri des intempéries… Parfois, nous entendons le roulement sourd d’un train de marchandise qui s’arrête à Arthur’s Pass Village, mais à part ça, la soirée est tranquille.

 


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