mardi 23/10/18 – Au pied du Caradhras

Pas d’english breakfast aujourd’hui : nous petit-déjeunons dans la chambre. Richard part faire griller le pain restant et tout rassis dans la cuisine commune. Pain grillé, confiture et jus d’orange : c’est pas byzance, mais ça ira bien pour commencer la journée. Aujourd’hui, en effet, nous partons pour la randonnée du Hooker Glacier. Nous allons d’abord en voiture jusqu’au point de départ, à deux/trois kilomètres de là. Ce point est le centre névralgique des départs de randonnée dans l’Aoraki/Mount Cook National Park. Il y a de grands parking pour voitures, bus et camping-cars, un terrain de camping, des sanitaires, une salle hors-sac, un centre du DOC…

Notre randonnée du jour, celle qui mène au Hooker Lake !

C’est le matin, mais il fait déjà très chaud, et on s’équipe pour affronter le soleil qui brûle la peau. Il y a déjà quelques personnes sur le chemin de randonnée, mais c’est encore assez peu fréquenté. Après avoir admirés le rocher où Freda du Faur, la première alpiniste à avoir conquis l’Aoraki, s’est prise en photo à la fin de son épopée, on traverse plusieurs rivières à l’eau limpide, sur des ponts suspendus particulièrement impressionnants.

Ce genre de pont, oui.

Que je traverse allégrement !

Nous croisons un premier lac de glacier, le Mueller Glacier Lake, puis, au bout de deux heures à travers les landes et les moraines, nous voyons apparaître le Hooker Lake, au pied du glacier du même nom, lui-même au pied du fameux Aoraki/Mont Cook, qui n’est autre que le Caradhras dans le Seigneur des Anneaux !

Nous y voilà, quasi au pied du Caradhras !

Et l’eau y est fraîche…

Normal, avec ce genre de poulet glacé qui flotte au milieu…

Nous descendons jusqu’au lac pour y tester la température de l’eau. C’est un peu comme tremper la main dans un verre d’eau rempli de glaçons… Sauf que là, les glaçons sont énormes et flottent à quelques mètres de nous ! J’en touche même un tout petit du doigt. Nous faisons une longue pause au bord de cette eau d’un bleu glacial presqu’irréel. De l’autre côté, le glacier est, lui, complètement noir, et ne blanchit qu’à partir d’une certaine altitude. Il y a peu de bruits (sauf, bien sûr, les discussions des autres touristes qui sont de plus en plus nombreux autour de nous — et encore des Français !), mais nous entendons par intervalle, dans le lointain, les craquements et grondements sourds d’avalanches provoquées par le réchauffement de la neige. Parfois, nous en localisons une et nous restons béats devant la beauté de cette neige immaculée qui cascade par-dessus une barre rocheuse comme le voile d’une mariée. C’est fascinant !

Ça n’a l’air de rien comme ça, mais ça fait un bruit épouvantable, comme un coup de tonnerre qui se répercute entre les sommets…

Cependant, sous le soleil qui tape de plus en plus, il est temps de repartir. Le chemin du retour, qui est le même, se fait quasi d’une traite. Nous croisons de plus en plus de monde, qui va dans l’autre sens. De retour à la grande aire de départ, on s’installe dans l’herbe, à l’ombre, pour le pique-nique. On a chaud, très chaud ! Il n’y avait pas de trop des trois litres d’eau que nous avions emportés, et je m’arrose la tête avec l’eau qui reste avant d’aller remplir à nouveau les bouteilles.

Après un repas sur le pouce, on repart vers une autre courte randonnée qui va jusqu’au « Keas Point », un point de vue sur le Mueller Glacier Lake et les moraines qui l’environnent. Il est censé y avoir des keas ici aussi, mais décidément, après s’en être pris à notre voiture de location, ils ont décidé de nous bouder. Il y a 100 ans, le Mueller Lake était encore un glacier, et ça brise le cœur de constater qu’ici aussi, le réchauffement climatique fait des dégâts…

Le Mueller Lake, sa moraine laissée par l’ancien glacier et ses montagnes…

On se tâte presque pour commencer une randonnée qui part à l’assaut de la montagne, mais à cette heure de la journée, la condition physique et mentale n’est plus là, et nous rebroussons chemin pour revenir à la voiture. Comme il est encore tôt, nous décidons de pousser jusqu’à la Tasman Valley, sur l’autre versant de l’Aoraki, pour y faire une courte randonnée jusqu’au Tasman Glacier. Une fois là-bas, surprise, ça grimpe dur, et par des escaliers ! La randonnée finit de nous tuer les jambes… mais une fois au sommet nous découvrons le Tasman Glacier Lake en contrebas, avec ses propres icebergs.

Le Tasman glacier, au loin.

Cependant, contrairement au Hooker Lake, ici le lac n’est pas vierge, et des bateaux à moteur le sillonnent, sans doute remplis de touristes, ce qui gâche grandement l’effet. Malgré tout, nous contemplons l’Aoraki/Mont Cook sous son autre facette, ainsi que le Tasman Glacier dans le lointain. Puis nous redescendons (en buvant encore des litres et des litres d’eau) pour rentrer à l’hôtel. Il est presque 16h et on ne rêve que d’une chose : un bon bain glacé ! La chaleur est presque insupportable. De retour dans notre chambre d’hôtel, on se relaxe, je dessine un peu, lis et écris. On profite du balcon qui offre une vue sublime sur les montagnes pour y déguster deux sodas rafraîchissants achetés la veille.

Le soir, nous tentons à nouveau notre chance dans le restaurant qui était fermé la veille, le Old Montaineers. Nous avons de la chance : il est 19h30 quand on arrive et c’est le tout dernier service, ils ferment derrière nous ! On a quand même le temps de déguster un hamburger pour moi et des saucisses pour Richard, arrosés de Speight’s, la bière néo-zélandaise, à la pression. En dessert, ce sera un sticky date pudding pour moi, et un gâteau au chocolat pour Richard !

Sur le chemin du retour, alors que la nuit tombe peu à peu et que les étoiles se dévoilent, on croise de nombreux lapins et lapereaux qui broutent tranquillement l’herbe aux abords des chemins. La lune, presque pleine, luit par-delà les sommets. Tout est si paisible… Ça donne envie de rester là pour toujours !


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