Vendredi 19/10/18 – L’attaque du kea

On se lève tôt pour prendre notre petit déjeuner au B&B, un « kiwi breakfast » avec des œufs et du bacon (ce qui me semble plus anglais que néo-zélandais, mais les kiwis étant des sujets de sa Majesté, ça peut se comprendre…). Puis, nous partons pour la journée au Milford Sound, à une centaine de kilomètres de là. L’un des plus beaux fjords du monde, rien que ça ! Notre logeuse nous a en plus conseillé quelques points d’intérêt sur la route. Au premier point, il y a déjà beaucoup de touristes (dont un flot ininterrompu de cars de Chinois). Les « mirrors lakes » sont une série de petits étangs qui reflètent à la perfection les montagnes alentours. Avec le soleil, c’est d’autant plus saisissant.

L'un des bien nommés "Mirror lakes".

L’un des bien nommés “Mirror lakes”.

On ne s’attarde pas, car notre croisière sur le Milford Sound nous attend à 11h10. Le temps, qui était très dégagé, se couvre à mesure qu’on grimpe dans les montagnes, et nous sommes bientôt entourés de nuages, ce qui donne au paysage un côté mystique qui nous manquait jusque là… Avant de redescendre, nous passons un tunnel impressionnant : il crève la montagne sur une seule voie (il faut patienter à l’entrée, à tour de rôle, pour l’emprunter), dans une pente assez raide creusée dans la roche. Sans parler de la lumière, très spartiate, qui rend l’expérience un peu stressante… Enfin, la descente de la montagne continue à l’air libre, et on arrive bientôt à l’orée du Milford Sound, où se trouve le terminal croisière. Après avoir pris nos billets, on flâne dans le hall du terminal, un café en main.

Notre bateau est le plus petit de tous, et en plus nous ne sommes pas nombreux. Seulement huit ! Pas très bon pour notre bilan carbone, mais plutôt cool pour le côté intimiste de la croisière. Le capitaine et le chef de bord sont très sympas et viennent taper la discute. Tandis que nous avançons dans le fjord, les paysages se font grandioses. Malheureusement, le temps est encore couvert, et même si des éclaircies illuminent soudain l’eau, les sommets restent dissimulés dans la brume, et c’est dommage, on perd en majesté.

Voilà notre bateau, le tout petit petit tout devant...

Voilà notre bateau, le tout petit petit tout devant…

Nous passons quelques cascades, dont certaines frôlées de près. À l’entrée du fjord, la mer de Tasmanie s’étend à l’infini. De l’autre côté, sur les rochers bordant l’eau, nous apercevons un, puis deux, puis une dizaine d’otaries à fourrure (“fur seals”) qui sèchent tranquillement au soleil.

Coucou toi !

Coucou toi !

Il y a aussi, paraît-il, des dauphins et des manchots, mais nous n’en verrons pas. À un endroit, le capitaine du bateau nous offre une douche gratuite sous une cascade. C’est vivifiant ! Puis nous prenons un peu le soleil dans un baie abritée, et retour au terminal. Il est plus de treize heures quand on débarque. On se cherche un endroit pour pique-niquer, et après s’être cassés le nez devant des interdictions d’entrer, on se rabat sur le bout opposé à la baie, où des tables de pique-nique sont installées. On mange sur le pouce, avec nos achats de la veille : pain, cheddar, pâté en pot, charcuterie et en dessert les deux fruits qui avaient l’aspect de prunes mais en texture ressemblent plutôt à des kakis. Puis, nous entamons une petite balade le long de la rive, où nous admirons les oiseaux, et la beauté des sommets qui se dévoilent peu à peu sous le soleil.

Le mystère se dévoile peu à peu...

Le mystère se dévoile peu à peu…

Il est près de 14h quand on reprend la voiture en sens inverse, avec dans l’idée de profiter cette fois de tous les points d’intérêt de la route entre le Milford Sound et Te Anau. Premier arrêt : the chasm. On repère un panneau « don ’t feed the kea » à l’entrée de la rando. Chouette, on va voir des kea ! (Nous n’avons encore aucune idée de ce qu’est un kea, mais c’est pas grave, tant que c’est exotique…) Malheureusement, nous n’en croiserons aucun à cet endroit. Toutefois, le « chasm » est impressionnant : une gorge profonde sculptée par une rivière qui serpente tout au fond.

Après cette première halte, nous montons doucement jusqu’au tunnel, devant lequel l’arrêt d’une dizaine de minutes s’impose, le temps de laisser passer ceux d’en face. Là, nous apercevons un, puis deux, puis trois keas au bord de la route ! On ouvre vite vite la vitre et la portière pour les prendre en photo, il y a tout le temps ! Sauf qu’à ce moment les keas se rapprochent en sautillant, sans peur. Le plus proche saute soudain sur le capot, s’attaque aux essuie-glaces, s’approche de la vitre…vite, vite, on referme la portière, puis la vitre… on a à peine le temps de fermer la vitre arrière, par laquelle il a commencé à avancer son bec… il se venge sur le rétroviseur et lui donne des violents coups de bec, puis sur le toit… mais c’est que ça fiche les jetons un kea, en fait ! Pour finir, l’oiseau se rabat sur la voiture qui vient d’arriver derrière nous, et qui commet l’erreur de lui lancer à manger. Ses passagers se font d’ailleurs enguirlander par le chauffeur du bus arrivé juste après, car c’est le fait de les nourrir qui donne à ces volatiles des mauvaises habitudes… En effet, ils sont paraît-il particulièrement intelligents !

Ne vous fiez pas à son air mutin : c'est un être diabolique !

Ne vous fiez pas à son air mutin : c’est un être diabolique !

La frayeur passée, on emprunte à nouveau le tunnel, qui est tout aussi impressionnant dans la montée. La deuxième halte se fait au pied du Lake Marian, mais nous n’irons que jusqu’aux chutes d’eau, le long du chemin, en passant par un pont suspendu sacrément étroit. Décidément, nous aurons eu notre content de sensations fortes aujourd’hui ! La troisième halte est une balade en forêt, au bord du Lake Gunn. La forêt est magnifique, les herbes et souches mortes grignotées de mousse tapissent le sous-bois, et les arbres sont très haut. On s’attendrait presque à voir un petit dieu maori nous contempler depuis les souches moussues ! Le son aussi est incroyable… L’air est empli de cris d’oiseaux, tous très différents : trilles, grincements, marteaux contre les arbres…

Enfin, nous redescendons dans la vallée et la dernière halte se fait à Eglinton Valley, une large prairie verdoyante, très plate, entre les montagnes. Retour au B&B de Te Anau, pour prendre une douche et se remettre de nos émotions. Le soir, nous mangeons au restaurant le Kepler, du poisson et des fruits de mer arrosés de vin blanc.

Un exemple de repas néo-zélandais.

Puis, retour à la chambre, encore sous les étoiles, pour une soirée tranquille et un gros dodo !

 

 

 


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