Jeudi 01/11/18 – Nous n’irons pas au Mordor

Le matin, nous sommes sur le pied de guerre dès 7h du matin, après avoir pris le petit déjeuner dans la chambre. Nous sommes plusieurs à patienter devant l’accueil, impatients de savoir si nous pourrons faire notre randonnée du jour… Le temps, dehors, n’est pas très engageant : il pleut, et les nuages sont très bas. Enfin, le verdict tombe : ce sera niet. Les conditions sont trop mauvaises, et il neige vraiment à partir de 900 m. Les navettes sont donc toutes annulées. Nous sommes déçus, évidemment : c’était notre seule chance de grimper sur un volcan, et nous ne verrons pas la beauté des lacs de cratères et des champs de lave. Nous ne marcherons pas dans le Mordor… La dame de l’accueil nous conseille de descendre un peu de la montagne pour nous diriger en direction de Torangi, sur la route de Taupo. Par là-bas, le temps sera certainement plus clément et elle nous indique quelques balades et activités sympas. Après avoir traînés un peu (il est tôt, du coup !), nous nous préparons pour affronter la pluie.

Un premier arrêt s’impose sur la route, pour découvrir l’emplacement d’un ancien village maori et contempler au loin une île sacrée sur le lac Rotorui. C’est en effet là qu’a été composé le premier Haka, par un chef Maori reconnaissant de l’issue d’une bataille. La pluie persiste, fine, mais bien pénible.

L’île en question (j’ai oublié son nom)

Ah bah en fait son nom est là.

Nous continuons jusqu’à une aire de repos qui sert de point de départ d’une petite randonnée autour d’un lac de montagne. Une première montée nous emmène au bord de ce lac, qui semble être un ancien cratère. Le temps se lève enfin ! Nous flânons un peu sur une plage de sable noir. Ça paraît être un spot de baignade prisé pour les locaux, en plein été.

Je flâne, je flâne.

Faire le tour du lac nous prend deux bonnes heures. La forêt est superbe, bien sûr, avec ses arbres biscornus et ses souches gigantesques. Nous croisons un coucou de Nouvelle-Zélande, qui parade avec son poitrail blanc, et beaucoup de canards. Le soleil pointe son nez, et il fait même chaud maintenant ! On enlève quelques couches avant de redescendre vers la voiture.

Ça a plus de gueule que nos pigeons français !

Nos amis les canards sont toujours là.

Et le soleil s’invite !

En route vers Torangi, le premier village à l’extrême sud du lac Taupo. Depuis un joli point de vue en bord de route, on repère une promenade à faire le long d’un canal, juste avant le village. On prévoit même d’y pique-niquer, l’endroit semble très agréable ! Malheureusement, une fois là-bas, on a à peine le temps de faire quelques centaines de mètres et de sortir les denrées du sac, qu’une saucée nous tombe dessus soudainement. Hop, hop, on remballe tout et on rebrousse chemin pour retrouver la sécurité de la voiture.

Ça avait l’air pourtant chouette, de loin. On contournait la petite butte et on prévoyait même, peut-être, de grimper dessus…

5 minutes avant le déluge. Les oiseaux avaient compris, eux.

En quelques minutes, nous sommes trempés ! Le temps de trouver un spot plus sympa que le bord de route pour manger, nous garons la voiture face au lac, un peu plus loin, et nous mangeons piteusement notre pique-nique dans celle-ci, tandis que l’averse continue.

Après avoir mangé, on repère la « hot swimming pool » qui nous a été conseillée le matin. Curieux, on s’y engage, pour découvrir un petit bâtiment entouré de végétations et de fumeroles. Même la rivière qui passe juste devant fume par endroit ! Il s’agit en effet d’une zone de forte géothermie.

Ça fume, ça fume…

Après s’être renseignés à l’intérieur, on découvre que le prix de l’entrée est négligeable, et qu’on peut même, pour à peine plus cher que l’entrée de base, se réserver un bain privé à 42°C, pour une vingtaine de minutes ! Nous sommes fatigués, humides, et tristes de n’avoir pas pu faire notre randonnée dans les volcans : ni une ni deux, nous prenons nos maillots de bain dans la voiture, nos serviettes, et nous trouvons, une fois passée l’entrée, de drôles d’enfilades de cabines à l’air libre. Il s’est arrêté de pleuvoir, mais le temps reste très maussade. Nous trouvons notre porte et entrons dans un espace abrité, comprenant deux bancs, et, au fond, un bassin rectangulaire de deux ou trois mètres carrés, à moitié à l’air libre et rempli d’eau fumante. La pièce n’est pas du tout chauffée, il fait froid, mais l’eau semble agréablement chaude. On se débarrasse illico de nos vêtements mouillés pour plonger dedans. Ça fait un bien fou ! C’est presque dommage qu’il ne pleuve plus, ça aurait été agréable de sentir la pluie tout en profitant de la chaleur de l’eau…

Nous trempons comme des bienheureux les vingt minutes requises, après quoi notre numéro de cabine est annoncé par haut-parleur : notre temps est écoulé. Nous ressortons pour nous sécher et nous rhabiller à moitié. En effet, nous avons maintenant l’autorisation de nous rendre dans la piscine publique, entièrement à l’air libre et à peine plus fraîche : 36°C. Il n’y a presque personne quand on arrive au niveau des vestiaires, juste une famille de locaux. Hop, cette fois-ci on enfile les maillots de bain et on plonge dans le bassin, dans lequel on peut nager. On fait quelques brasses, mais l’eau est tellement chaude et nous relaxe tellement qu’il est difficile de faire autre chose que buller et profiter. Le soleil fait d’ailleurs son apparition, et je le sens sur son visage tout en faisant la planche dans l’eau brûlante : c’est le paradis ! Finalement, ce n’est que deux heures plus tard qu’on ressort, complètement détendus.

On profite comme des profiteurs.

En sortant de la piscine, nous attaquons une petite promenade située juste derrière, au niveau des fumeroles qu’on avait aperçues en arrivant. Un sentier fait en effet le tour des trous d’eau naturels qui a motivé la construction de la piscine, et qui étaient autrefois utilisés par les Maoris pour se baigner, laver leurs vêtement et ustensiles ou faire cuire leur pêche du lac, suivant la température de l’eau. Les trous sont en effet de toute sorte, couleur et profondeur. Par endroit, ce n’est même que de la boue qui jaillit de la crevasse comme un mini-geyser. Un vent très fort s’est levé, et fait danser les fumeroles.

Ça a l’air chaud.

Blurp !

L’eau est d’une clarté complétement irréelle…

Dans d’autres mares, nous pouvons voir des branches mortes pourrir lentement au fond de l’eau, recouvertes de silice blanc, ou observer la végétation d’algues et de fougères habituées à ces températures. À la fin du parcours, nous croisons des jeunes locaux en maillot de bain, qui rient, chahutent et se relaxent gratuitement dans l’un de ces trous naturels, hors des sentiers. Je touche l’eau d’une toute petite flaque, semblable à un reste d’eau de pluie, qui bouillonne doucement au raz de l’herbe : elle est brûlante !

Pourtant ça n’a l’air de rien, comme ça…

Après ça, nous faisons un tour dans Torangi, mais le village est complètement mort. On décide d’aller boire une bière dans le seul pub ouvert. Nous prenons cette fois une Tui à la pression. Puis, retour à National Park, où le temps est resté le même, masquant les montagnes. Sur la route, nous constatons même que la neige qui recouvre chaque sommet est bien plus basse que la veille ! Pas de regrets, la randonnée n’aurait jamais pu se faire. À la place, on s’est bien relaxés…

Le soir, nous mangeons cette fois au Speight’s Ale House, qui n’est pas très loin de l’hôtel. Le vent se transforme peu à peu en tempête, et dégage le haut des cratères. Dans le soleil couchant, c’est magnifique…


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