En ce moment, je navigue entre bonheur complet et dépression profonde, et je n’arrive pas à me décider si ma vie est exactement telle que je voulais qu’elle soit, ou bien un fiasco total et irréversible.

Côté couple, c’est plutôt le bonheur au quotidien, avec tout ce que ça comporte de petits plaisirs et grosses contrariétés, et inversement. On se comprend, on se complète, parfois on se fait la gueule mais on finit toujours par se réconcilier (sur l’oreiller de préférence). On parle, on rigole, on se charrie, on s’aime quoi ! Peut-être pas comme au premier jour (encore heureux ! J’ai enchaîné gaffes sur gaffes à l’époque) mais suffisamment pour avoir confiance l’un de l’autre, et confiance en notre avenir commun.
Seulement voilà, nous sommes seuls, tous les deux, et parfois ça nous pèse vraiment. Comme dans cet épisode de How I met your mother, où (couple spoiler que je ne vais pas dévoiler) chantent « all by ourselves » parce que leur couple a « rompu » avec Lili et Marshall… Pour palier cela, nos fréquentes escapades à Paris nous font du bien, mais il faut bien avouer que nous manquons cruellement d’amis au Havre (à part Charline, mais quand elle vient je pense qu’Isy se sent exclu parce que nous avons souvent des conversations et des occupations « de fille »).

Et puis il y a mon immobilisme professionnel, qu’Isy me reproche parfois, comme ça, au détour d’une conversation. Et ça fait mal à chaque fois. Parce que j’ai l’impression d’être engluée dans un marasme dû à ma propre incompétence. Je suis incapable de chercher du travail. C’est tout simplement… psychologique. J’ai vécu des expériences professionnelles qui m’ont détruites moralement et aujourd’hui je n’arrive même plus à répondre à une offre d’emploi parce que je fais un blocage stupide. Je me force, parfois… mais le coeur n’y est plus, la motivation non plus. Même sur les offres alléchantes, celles sur lesquelles j’aurais sauté il y a quelques années. Et je m’en veux de ne pas arriver à gagner de l’argent, de demander à Isy de maintenir mon compte à flot quand je frise le découvert tous les mois. Je culpabilise à mort de condamner notre couple à l’immobilisme quand les gens autour de nous évoluent, bougent, se marient, ont des enfants… Je culpabilise aussi d’être parfois envieuse envers ceux qui ont trouvé une stabilité professionnelle, alors que je sais qu’il faudrait que je me bouge les fesses pour y arriver moi aussi. Le pire, c’est que je connais mes compétences, mes atouts, mes motivations. Je suis capable d’enchaîner les simulations d’entretien et les prestations d’aide au retour à l’emploi et d’en ressortir à chaque fois avec les félicitations et la certitude, dans l’esprit de mes formateurs, que trouver un job pour moi ne sera qu’une question de semaines. Et pourtant… un an et demi plus tard, j’en suis toujours au même point. Qu’est-ce qui cloche, au juste, chez moi ?

Revenons à des choses positives, tiens. Malgré ces moments de découragement profond, je vais plutôt bien, dans l’ensemble. Les beaux jours sont de retour, rien que ça me met le coeur en fête. Et puis, j’ai Le Murmure des Chimères, une réalisation dont je peux être presque fière, pour une fois. Parfois, j’ouvre sur les premières pages, je vois la préface de Pierre Dubois, les mots si gentils qu’il a écrit sur mon travail et je me dis « ça y est, je peux mourir heureuse. Rien de meilleur n’arrivera jamais plus dans ma vie ! » Tout ça, grâce à Charline, qui a cru en moi. Dans une quinzaine de jour nous sommes les invitées privilégiées lors d’une table ronde organisée dans un café littéraire du Havre, et, c’est bête, mais en ouvrant le journal de la ville et en voyant notre intervention mentionnées dans les différents événements de la ville, j’ai eu le coeur qui s’est emballé et une soudaine envie de sauter au plafond. De même lorsque je découvre des critiques comme celle-ci.

Mais à présent, je découvre la pression, et d’un coup, le découragement s’abat aussitôt sur moi. Charline m’a embarquée pour un autre projet (enfin, plus, mais dont un qui verra le jour prochainement) et j’ai peur de ne plus être du tout à la hauteur. Comme si Le Murmure des Chimères était un simple coup de chance… Je n’ai à peine réussi qu’à écrire quelques lignes par ci par là de notre nouveau projet, alors qu’elle abat un travail formidable de son côté, et je n’arrive vraiment pas à trouver l’étincelle propice à l’inspiration que j’avais trouvée pour Le Murmure. Je ne désespère pas, pas encore, mais j’ai vraiment très peur d’être en dessous de tout, cette fois-ci, et de décevoir tout le monde.

Voilà en gros quel est mon état d’esprit, voguant entre espoir et désespoir… Serait-ce trop demander de vouloir accéder à un tout petit peu plus de bonheur ? Pas grand chose, juste un travail, même sous payé, qui ne m’oblige pas à partir loin de chez moi, et quelques amis supplémentaires au Havre… Quelque chose qui me ferait enfin me sentir intégrée dans la vie réelle ! Quant à l’inspiration, ma foi, elle n’attend qu’un petit coup de pouce de ce genre, j’en suis sûre, pour jaillir comme auparavant, et il ne me restera plus qu’à m’atteler à la tâche. En attendant, je vais me forcer un peu. Comme on dit, « aide-toi, et le ciel t’aidera »…

Dans mon cas, plus facile à dire qu’à faire, malgré tout. ><

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